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Par SUD-AFP :: 07/05/2011 à 21:51 :: Général

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QPC : réaction du syndicat SAJ-Unsa de l'AFP

Par SUD-AFP :: 07/05/2011 à 21:50 :: ACTUALITE 2011

Note-syndicat-SAJ-UNSA

   QPC - l'AFP véritable agence mondiale : le SAJ-UNSA salue la décision du Conseil constitutionnel

 

PARIS, 06/05/2011 - 1529 - Communiqué Syndicat Autonome des Journalistes-UNSA
   MERCI AFFICHER

  

Le Syndicat Autonome des Journalistes (SAJ-UNSA) se félicite de la décision du Conseil constitutionnel, qui vient conforter le statut d'agence mondiale de l'AFP en permettant à l'ensemble de ses salariés - sans discrimination de nationalité - de participer de plein droit à l'élection de leurs représentants au Conseil d'Administration et d'être ainsi pleinement représentés dans l'instance décisionnaire de l'entreprise.

  

Il rend hommage au travail de longue haleine du syndicat SUD-AFP, sans lequel cette avancée historique n'aurait pas été possible.

  

La direction doit désormais tirer toutes les conséquences de cette décision et, notamment, communiquer aux partenaires sociaux une liste honnête, complète et transparente du corps électoral de l'AFP mondiale.

  

Le syndicat SAJ-UNSA se félicite également de voir réduites à néant les tentatives de l'actuelle direction de l'agence de forcer à la hussarde - via la Question Prioritaire de Constitutionnalité - des modifications radicales du statut de 1957, en dehors de toute concertation et de tout dialogue social.

  

Le SAJ-UNSA n'a jamais considéré le statut de 1957 comme un texte sacré intangible et n'a jamais été hostile à des aménagements justifiés par les évolutions du paysage médiatique, dès lors qu'ils feraient l'objet d'un débat transparent débouchant sur le plus large consensus.

  

Il considère néanmoins - d'un double point de vue politique et éthique - que le statut de 1957 est un "chef d'oeuvre d'horlogerie" et que nulle "roue crantée" ne saurait en être modifiée, ou supprimée, sans que toutes les implications pour l'ensemble du mécanisme n'aient été mesurées et évaluées.

  

Il souscrit en cela à la méthodologie rappelée dans le communiqué de SUD-AFP en date du 6 mai 2011 et qui lui semble constituer la base d'un consensus des organisations syndicales, mais au-delà, et surtout, du personnel de l'agence, toutes catégories et nationalités confondues.

  

Un débat ouvert et sans exclusive et une validation par le corps social de l'agence restent incontournables, dans la droite ligne des principes établis par les pères fondateurs du "statut de la liberté" auquel nul - de notre point de vue - ne saurait valablement déroger.

  

Paris, le 6 mai 2011 - Syndicat SAJ-UNSA


QPC : réaction de la CGT toutes catégories de l'AFP

Par SUD-AFP :: 07/05/2011 à 21:47 :: ACTUALITE 2011

Note-syndicat-CGT-AFP

PARIS, 06/05/2011 - 1754 - COMMUNIQUE DES SYNDICATS CGT TOUTES CATEGORIES DE L'AFP

   STATUT DE L'AFP: LA DIRECTION RECALEE PAR LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL, UN DROIT NOUVEAU POUR LES SALARIES NON EUROPEENS


   Parce qu'elle combat "les discriminations de toutes sortes, le racisme, la xénophobie et toutes les exclusions", comme l'écrivent les statuts de notre confédération, la CGT ne peut qu'être satisfaite de voir que, vendredi 6 mai, le Conseil constitutionnel a consacré le principe d'égalité entre tous les salariés, en censurant une disposition du statut de l'AFP réservant aux salariés "de nationalité française" le droit de vote et d'éligibilité pour l'élection des représentants du personnel au Conseil d'administration, quelle que soit la catégorie à laquelle ils appartiennent. Rappelons qu'entre-temps, ce droit avait été étendu aux salariés de l'AFP dans l'Espace économique européen (EEE). A cause de cette clause, même des salariés de statut siège travaillant en France, mais non européens, ne pouvaient pas voter!
  

De ce point de vue, il est piquant de voir la direction de l'AFP "saluer cette décision qui va dans le sens (...) d'une plus large représentation des salariés" au sein de l'Agence. Car les représentants syndicaux ont été confrontés de tous temps, quand ils soulevaient (et soulèvent encore) la question des droits des personnels sous statut local à l'étranger, au même veto: "Vous représentez les salariés relevant du droit français, vous n'avez pas qualité à aborder ce sujet"!! Il y a malheureusement fort à parier que, Conseil constitutionnel ou non, la direction actuelle, prise dans une contradiction, persiste dans cette attitude.
    

La décision du juge français de la constitutionnalité des lois nous apporte un autre motif de réelle satisfaction, puisqu'il a refusé de suivre la direction qui, au cours de la procédure, avait profité de l'occasion pour remettre en cause la composition du Conseil d'administration et tenté d'ouvrir ainsi la voie à une remise en chantier du "statut de la liberté" consacré par la loi de 1957. Statut qui a permis de sortir l'AFP de la situation de dépendance dans laquelle elle se trouvait auparavant à l'égard du pouvoir politique.
    

Parce qu'il craignait qu'une action en justice sur la question du collège électoral au C.A ne conduise à remettre sur le tapis la question du statut, la CGT était hostile à l'action engagée par le syndicat SUD. C'est d'ailleurs ce qui a failli - mais failli seulement - se produire, puisque la direction de l'AFP a cherché à faire valoir devant le Conseil constitutionnel que la composition du C.A et la représentation en son sein d'administrateurs représentant les patrons de presse était contraire au principe d'"indépendance des médias" inscrit dans la Constitution.
    

Sur ce point, la présentation par l'AFP de la décision du juge constitutionnel est carrément abusive, quand elle prétend que celui-ci "a expressément refusé de donner un +brevet de constitutionnalité+" à la composition du C.A. Redisons-le, car c'est tout simplement la vérité: le Conseil constitutionnel a refusé de censurer tout l'article 7, portant sur la composition du C.A, contrairement à ce que lui demandait la direction.
  

Et pourtant, notre Pdg Emmanuel Hoog persiste, affirmant que "la sécurisation juridique de l'Agence exigera sans doute l'intervention du législateur"! Dans la procédure - y compris par écrit -, le gouvernement l'avait contredit, réfutant l'inconstitutionnalité du statut.

  

Dans ce contexte où notre Pdg fait de la surenchère, la CGT reste déterminée à empêcher tout projet de remise en cause du statut de 1957.
  

Souhaitant que ces élections puissent se dérouler avant les vacances, la CGT de l'AFP sera d'autre part particulièrement vigilante sur la nouvelle liste des électeurs (élargie aux personnels non européens, y compris sous statut local), appelée à désigner les représentants au C.A. Elle rappelle que toutes les directions successives de l'agence se sont constamment refusées à communiquer aux organisations syndicales la liste des personnels sous statut local à l'étranger.
  

L'histoire de l'AFP regorge d'exemples, notamment lors de grandes grèves,  où la direction, relayée par certains directeurs en poste à l'étranger, a tenté de se servir des personnels locaux comme d'une masse de manoeuvre pour tenter de diviser les salariés et de monter une partie d'entre eux contre les organisations syndicales, dont la mission est de défendre les droits de tous les travailleurs.

 

                         CGT toutes catégories
                         ---------------------
                                                                                                   PARIS, le 6 mai 2011


QPC : communiqué de la Direction de l'AFP

Par SUD-AFP :: 07/05/2011 à 21:45 :: ACTUALITE 2011

Communiqué-Direction
   Décision du conseil constitutionnel sur l’AFP : plus de condition de nationalité pour voter
  
   PARIS, 6 mai 2011 (AFP) -
   Décision du conseil constitutionnel sur l’AFP : plus de condition de nationalité pour voter


   Le Conseil constitutionnel s’est prononcé sur la question prioritaire de constitutionnalité de l’article 7 du statut de l’Agence en ce qu’il prévoit que les représentants du personnel de l’Agence à son conseil d’administration sont élus par ses salariés de « nationalité française ». Le Conseil constitutionnel a déclaré qu’une telle condition de nationalité n’était pas conforme à la Constitution et que, dès lors, cette disposition devenait caduque. Désormais, les salariés de l’Agence, quelle que soit leur nationalité, pourront donc voter pour élire leurs deux représentants au conseil d’administration.

 

   Nous saluons cette décision, qui va dans le sens d’une clarification de la gouvernance de l’Agence et d’une plus large représentation des salariés en son sein. Il n’appartenait pas à la direction de l’Agence de se substituer aux dispositions de la loi de 1957.

 

   Le Conseil constitutionnel a également prévu que toutes les décisions du conseil d’administration adoptées depuis avril 2008 sont validées et nous pouvons organiser de nouvelles élections en assurant au nouveau scrutin toute la sécurité juridique qui s’impose, avec un collège électoral élargi aux collaborateurs étrangers.

 

   Les dates du scrutin seront communiquées rapidement, afin notamment de permettre au conseil d’administration de se réunir régulièrement.

 

   Le Conseil constitutionnel a par ailleurs expressément refusé, dans le commentaire de sa décision, de donner un « brevet de constitutionnalité » au reste de l’article 7 du statut sur la composition du conseil d’administration. Il a précisé que sa décision préservait la possibilité de questions prioritaires de constitutionnalité sur les autres alinéas de cet article, au regard notamment des éventuels conflits d’intérêt qu’il porte.

 

   Dans ce contexte, la sécurisation juridique de l’Agence exigera sans doute l’intervention du législateur.


- QPC : dépêche AFP

Par SUD-AFP :: 07/05/2011 à 21:43 :: ACTUALITE 2011

Médias-agence-AFP-constitution
   Une disposition du statut de l'AFP jugée inconstitutionnelle
  
   PARIS, 6 mai 2011 (AFP) - Le Conseil constitutionnel a jugé vendredi inconstitutionnelle une disposition du statut de l'AFP qui réserve le droit de vote aux seuls salariés de nationalité française lors de l'élection des représentants du personnel au Conseil d'administration de l'agence.
  

Cette décision fait suite à une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) posée par le syndicat SUD AFP.
  

L'article 7 du statut de l'AFP, défini par une loi de 1957, indique notamment que les représentants du personnel au CA, journalistes et non journalistes, sont élus par les salariés de "nationalité française".
  

Même si cette disposition a été élargie aux ressortissants de l'Espace économique européen (EEE), elle prive du droit de vote "un millier de salariés" non européens, selon les estimations de SUD AFP.
  

Dans sa décision, le Conseil constitutionnel souligne notamment que cette disposition "méconnaît le principe d’égalité et le principe de participation à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises garanti par le 8e alinéa du Préambule de la Constitution de 1946".
  

La déclaration d'inconstitutionnalité, qui prend immédiatemment effet, est en revanche, souligne le Conseil, "sans effet sur les décisions rendues antérieurement par le conseil d’administration de l’AFP qui auraient acquis un caractère définitif au jour de la publication de la présente décision".
  

Agence mondiale, l'AFP compte 2.900 collaborateurs répartis dans 165 pays qui travaillent en six langues en texte, photo, vidéo, multimédia et infographie.


- Vers une motion de défiance (SGJ-FO de l'AFP)

Par SUD-AFP :: 07/10/2010 à 17:08 :: Général

Communiqué de la section AFP de Force Ouvrière:

 

   VERS UNE MOTION DE DEFIANCE

 

Force Ouvrière s'associe pleinement à la démarche du SNJ-CGT (http://www.snj-cgt-afp.org/spip.php?article107) qui a évoqué il y a quelques jours l'éventualité du vote d'une motion de défiance contre la rédaction en chef, faute de réponse de la direction sur certains problèmes graves (censure, pressions et même harcèlement) au sein de l'AFP. Au vu des informations dont elle dispose, FO prévient solennellement la direction que si elle persiste dans son déni de réalité, elle ne pourra s'en prendre qu'à elle-même.

  

N'en déplaise à certains esprits angéliques et à la direction de l'information, la complaisance politique avec le pouvoir semble bel et bien de mise à l'AFP. Et il n'est pas récent! Tel chef de service demandant à un journaliste d'écrire une dépêche "gentille" sur un proche du président de la République, telle enquête sur un cacique de l'UMP "gentiment" trappée... Rappelons également qu'au printemps 2009, les Informations générales étaient au bord de la révolte, lorsque, comme l'a souligné le SNJ-CGT, un projet de pétition circulait parmi les journalistes de la rédaction. "Ingérence excessive dans le choix des papiers, de leur angle allant jusqu'à la censure", "choix éditoriaux contestables, incompatibles avec un traitement équilibré de l'actualité car complaisants avec le pouvoir", "pressions directes sur les rédacteurs court-circuitant la hiérarchie du service, allant jusqu'au harcèlement"... Le constat, malheureusement toujours de mise aujourd'hui, n'était pas brillant pour nos hiérarques, dont la majorité est restée en place.

  

Une affaire similaire est survenue récemment, avec le refus de la Redchef (depuis juillet !) de diffuser une enquête du bureau de Marseille sur les pratiques douteuses d'un élu UMP local, ancien ministre. La direction de l'information peut dire ce qu'elle veut sur ce papier - "l'attaque du papier était faible et pas assez étayée"; eh bien étayons-là, si ce n'est que la forme qui pose problème, et diffusons l'histoire! -, le doute persistera tant que le papier ne sera pas diffusé sur les fils.
  

Que les choses soient claires: nous ne disons pas que chaque dépêche produite par l'Agence passe sous les fourches caudines d'un comité de censure et nous ne remettons pas en cause la déontologie de la redchef. Mais une attention inhabituelle est accordée à certains domaines stratégiques ou sensibles. De manière générale, nos chefs semblent furieusement allergiques aux histoires ou enquêtes mettant en cause des politiques, préférant laisser à d'autres médias le soin de "sortir" ces affaires. Le comble de l'absurde est souvent atteint lorsque lesdites affaires sont publiées par d'autres médias et que la Redchef demande un pick-up, ce qui est arrivé des dizaines de fois ces dernières années: n'est-ce pas la reconnaissance directe que le sujet trappé avait un intérêt journalistique, et que l'AFP a commis une faute en ne le diffusant pas de sa propre initiative? Au vu de ce constat, la déclaration récente du directeur de l'Information Philippe Massonnet, selon laquelle "il faut encourager le travail d'enquête", semble relever d'une évidente hypocrisie ou d'une méconnaissance inquiétante de la situation.

  

Et que dire de l'étrange obsession sur la bataille des chiffres de manifestants entre police et syndicats lors des manifestations contre la réforme des retraites ? Ces chiffres sont divergents depuis des décennies, en France comme ailleurs en Occident. Cela n’a pas empêché le Redchef France d’intervenir sur le papier général "manifestation-retraites" du 23 septembre, anglant le lead sur la bataille de chiffres. Etait-ce l'information du jour? Le lead pouvait-il être modifié sans que figurent les initiales de l'intervenant au bas du papier? Non et non.

  

Philippe Massonnet a également souligné devant les délégués journalistes que le harcèlement avait un "sens juridique". Qu'il soit ici grandement remercié d'avoir rappelé les conséquences possibles des actes de certains! Nul besoin de chercher longtemps pour en trouver des exemples flagrants. Samedi 2 octobre, nouvelle manifestation contre la réforme des retraites... nouvelles ingérences de la Redchef sur le papier général.

 

UN CAPORALISME DE MOINS EN MOINS APPRECIE

 

Ce genre de comportement ne vise pas seulement les services parisiens mais aussi les bureaux de Province, qui sont, notamment les week-ends, abreuvés de coups de fil de la Redchef pour "tirer" les histoires dans un sens qu’elle imagine plus "vendeur" ou dès qu’une radio ou un site donne un élément d’info que nous n’avons pas ou, pire, que nous n’avons pas voulu donner car ne correspondant pas à la réalité du terrain. Outre le côté pesant de la chose, et la capacité de résistance dont doivent faire preuve les journalistes ainsi ciblés, cette attitude visant à dramatiser, à mettre en scène l’info est contraire à nos principes. Non, toute alerte météo n’est pas l’annonce d’une catastrophe, toute pénurie partielle d’alimentation en carburant ne jettent pas des milliers de gens à pied sur les routes, et tout débat autour d’un événement n’est pas une polémique nationale. Gardons le sens de la mesure et surtout de la hiérarchie des informations.

  

Le caporalisme ambiant à la Redchef  qui va de l'autoritarisme pur et simple jusqu’au mail comminatoire de la redchef centrale au journaliste récalcitrant à une variante apparemment plus diplomatique - "je fais semblant d’entendre tes arguments mais je n’en tiens aucun compte et je reviens à la charge sans arrêt jusqu’à ce que tu fasses ce que j’ai décidé!" - n’est plus supportable. Surtout lorsqu’il pèse sur des rédacteurs déjà surchargés de travail et dont les salaires sont bloqués depuis maintenant trois ans - ce ne sont pas les 27,50 euros d'augmentation qu’on nous propose qui vont arranger les choses.

  

Contrairement à certains autres médias, qui produisent des éditoriaux pour des raisons essentiellement commerciales, nous ne voulons pas être réduits à faire de l'info sans infos. Ce n'est pas notre vocation et encore moins notre rôle comme le définit notre statut. Nous nous opposerons à toute dérive en la matière. L'information reste notre métier, notre justification d'exister et le meilleur rempart contre la pensée unique.

  

Quant à la multiplication des agendas et autres prévisions, elle est une bonne chose si elle a pour but d’améliorer le travail des équipes rédactionnelles et de favoriser le travail en commun. Mais force est de constater qu’elle peut aussi conduire à un véritable "encadrement" du traitement de l’information, entravant l’initiative, l’originalité, la réactivité. De plus en plus, nous travaillons dans un cadre contraint d’informations qu’il "faut" traiter. Les journées et  les  effectifs n'étant pas extensibles, nous sommes amenés à délaisser des sujets ou des angles originaux.

  

De manière générale, notre Redchef, suivant en cela la politique choisie par la rédaction en chef centrale et la direction de l'information, se montre systématiquement rétive à toute information sortant des sentiers battus et se caractérise au contraire par un suivisme absolu envers les autres médias, quels qu’ils soient d’ailleurs. Ce suivisme est à la source des nombreuses dérives que connaît l’agence, et notamment la place inconsidérée donnée au "divertissement" au sens large (la "loisirisation" de la société chère à Relaxnews!), la surenchère dans le traitement de certaines infos, le conformisme du discours.

 

L'AFP N'EST PAS UNE "CAISSE DE RESONNANCE"!

  

Le rôle de l’AFP est d’apporter à ses clients, en amont, une information diverse par ses origines géographiques et par les sujets traités, pluraliste, indépendante, et aussi exhaustive que possible pour pouvoir répondre aux besoins de tous les types de média et à leurs utilisateurs. Cela fait partie des missions essentielles qui lui ont été confiées par le législateur et qui font de l’AFP un élément essentiel de la démocratie. C’est la raison pour laquelle l’AFP ne peut avoir de "ligne éditoriale" puisqu’elle s’adresse à tous les médias, quelle que soit leur ligne politique ou éditoriale. Réduire l’AFP à une caisse de résonnance de ce qui se dit et s’écrit ailleurs n’a donc aucun sens.

  

Combien de fois pourtant n’a-t-on pas entendu la redchef demander un papier parce qu’une information était traitée par tel quotidien national, tel site ou tel journal étranger, sans même avoir pris la peine de vérifier que l’info avait déjà été donnée par l’AFP quelques jours ou quelques semaines plus tôt (nous avons des tas d’exemples). C’est le serpent qui se mord la queue en permanence. Non seulement, nous perdons ainsi notre raison d’être, mais nous n’y gagnons rien commercialement, bien au contraire!

 

FO DEMANDE DES REPONSES RAPIDES A LA DIRECTION

  

Force Ouvrière demande à la direction des réponses rapides aux inquiétudes exprimées ci-dessus, qui nous remontent quasi quotidiennement de la rédaction.

  

Dans tous les cas, nous exigeons que les règles de base, exposées dans le Manuel de l'Agencier, soient de mise pour tous, les journalistes comme les rédacteurs en chef, qui ont en outre pour mission de les faire respecter.

  

En conséquence, nous demandons que:
   - en cas d'intervention de la Redchef sur la copie, l'intervenant appose ses initiales au bas de la copie.
   - en cas de modification de l'angle d'un papier ou de la priorité donnée à l'information (simple factuel ou alerte - le problème s'est présenté récemment aux Informations générales, donnant lieu à une réunion d'explication entre le chef de service et le Redchef France), la Redchef en discute d'abord avec le producteur et soit prête à L'ECOUTER. C'est le producteur qui connaît le mieux le sujet traité, c'est lui aussi qui possède l'expertise nécessaire pour juger du meilleur angle. Ne pas prendre en compte son avis revient à exprimer un manque de confiance dans son jugement. Et à s'exposer à présenter l'actualité sous des angles étranges (cf. la "bataille des chiffres").
   - la Redchef cesse son travail de sape envers la rédaction, en revenant encore et toujours à la charge sur les mêmes sujets avec les mêmes arguments éculés.
   - la Redchef fasse preuve de confiance envers ses journalistes, au lieu de maintenir ce qui ressemble à une chape de plomb sur certains domaines stratégiques.
   - la Redchef accepte que soient aussi traités les sujets non inscrits à l'agenda politique du gouvernement: pauvreté, stress au travail, "affaires" politico-judiciaires dévoilées après un travail d'enquête de nos journaliste - une information objective, ce n'est pas, comme le disait Woody Allen en se moquant de la télévision américaine, "trente secondes pour les juifs, trente secondes pour Hitler"...

 

Paris, le 5 octobre 2010, SGJ-FO de l'AFP

- Communiqué FO pour le 15 juin, diffusé le 26 mai

Par SUD-AFP :: 27/05/2010 à 21:24 :: Général

Note-syndicat-FO
   ATTENTION TOUS - MERCI AFFICHER

PARIS, 26/05/2010 - 1223 - ¥¥ Communiqué de Syndicat Général des Journalistes Force Ouvrière

   Nos retraites ne sont pas négociables - Force ouvrière appelle l'ensemble des salariés à la grève et à une manifestation nationale à Paris le mardi 15 juin.

   Chaque jour qui passe, voit se préciser le plan du gouvernement contre les retraites.
   Le projet de loi en préparation, qui devrait être adopté en Conseil des ministres début juillet, devrait confirmer, ce que nous redoutions dès le départ :
   - la remise en cause du droit à la retraite pleine à 60 ans pour passer à 62 ou 63 ans
   - l'allongement de 2 à 3 ans de la durée de cotisation
   - la remise en cause du Code des pensions des fonctionnaires et des régimes spéciaux
   - l'abaissement du montant des retraites

   Tous les salariés et retraités sont dans le collimateur. Le "projet de réforme" vise à réduire drastiquement le montant des retraites et, au bout, à casser le système de solidarité de la retraite par répartition pour satisfaire les exigences de la spéculation mondiale et des institutions telles le FMI et l'Union Européenne qui veulent imposer partout la retraite à 67 ans et plus.

   Cette régression brutale se prépare avec l'aval de ceux qui comme Strauss-Kahn, président du FMI, déclarent qu'il faut mettre un terme au "tabou" de la retraite à 60 ans, ou ceux qui, dans certains partis ou syndicats, font semblant de défendre les 60 ans mais sont pour allonger la durée de cotisation en justifiant cette position par l'augmentation de l'espérance de vie et par le fait qu'il faudrait faire une retraite à la carte sur la base de la prise en compte de la pénibilité du travail.

   Quelles que soient les positions avouées ou non, le fait est que nos retraites subissent une nouvelle attaque après celles de 1993 et de 2003.
   La réforme Balladur, qui a consisté à calculer le montant de la retraite du privé sur la base non plus des 10 meilleures années de salaires mais sur 25 ans, a déjà abouti à une diminution moyenne des retraites d'au moins 10%.
   La réforme Fillon de 2003, permise par l'appui de la CFDT de Chérèque, a enterré le droit à prendre la retraite à taux plein après 37,5 années de cotisation pour passer à 41 ans en 2012. Ce qui, de fait, a conduit à une nouvelle diminution importante des pensions car la plupart des salariés subissent une décote faute de ne pas avoir accumulé assez de trimestres.
   Une décote qui dans de nombreux cas se répercute sur les retraites complémentaires en effaçant la bonification pour les années travaillées après 60 ans. 

   La situation ne peut que s'aggraver si on augmente encore la durée de cotisation puisque les jeunes, notamment les journalistes, entrent de plus en plus tard dans la vie professionnelle non précaire (études, stages, piges, temps partiel, périodes de chômage...). Pour espérer bénéficier d'une retraite à taux plein, soit il faudra travailler jusqu'à 67 ans et plus (alors que les journalistes approchant les 60 ans sont souvent poussés vers la sortie), soit retravailler pour compléter une retraite ne permettant pas de vivre.

   Face à cette nouvelle attaque majeure lancée par le gouvernement Sarkozy-Fillon, Force Ouvrière s'est adressée à l'ensemble des autres organisations syndicales pour leur proposer une riposte à la hauteur de l'enjeu.
   Peut-on, en effet, faire reculer vraiment le gouvernement en multipliant les journées d'action "intersyndicales" fourre-tout, les manifestations sans lendemain qui épuisent et démoralisent les salariés, tout en favorisent les manouvres et les trahisons en tout genre dans leur dos, comme on l'a vu en 2003?

   Estimant que nos retraites ne sont pas négociables, la Confédération Force Ouvrière a pris ses responsabilités en lançant un appel à une grève interprofessionnelle et à une manifestation nationale à Paris le mardi 15 juin.

   Le Syndicat Général des Journalistes FO s'inscrit pleinement dans cette initiative urgente et déterminante, considérant qu'elle répond à l'attente de la grande masse des salariés, quel que soit d'ailleurs leur syndicat.
   Il appelle l'ensemble des journalistes à se mobiliser et à y participer avec les autres salariés du privé et du public sur de positions claires :
   - nos retraites ne sont pas négociables
   - droit au départ en retraite à 60 ans à taux plein,
   - refus d'allonger la durée de cotisation : 40 ans, c'est déjà trop!
   - maintien des droits statutaires dans le service public (maintien du Code des pensions civiles et militaires, du statut général et des statuts particuliers)
   - retour du calcul sur les dix meilleures années pour le secteur privé et maintien des six derniers mois pour le secteur public
   - un taux de remplacement de haut niveau (75 % du salaire moyen) et une revalorisation des retraites et pensions indexées sur les salaires
   - maintien des droits familiaux et conjugaux.

   Il nous appartient de faire en sorte que cette journée soit un succès qui amène le gouvernement à renoncer à son projet. Force Ouvrière compte sur votre participation et votre soutien.

   SGJ-FO
   Paris, le 26 mai 2010

- 27 mai : communiqué CGT-CFDT-SNJ-SUD-CGC de l'AFP

Par SUD-AFP :: 27/05/2010 à 21:18 :: Général

Communiqué des syndicats de l'AFP toutes catégories CGT, CFDT, SUD, du SNJ et de la CFE-CGC

CONTRE L'ATTAQUE SUR LES RETRAITES, MANIFESTONS LE 27 MAI

Le gouvernement vient de faire savoir qu'il entend à la fois repousser l'âge légal du droit à la retraite et la durée de cotisations nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein.

Comment assurer la pérennité d’un système de retraite par répartition solidaire quand le premier emploi stable s’obtient à 27 ans et que les patrons vous poussent dehors à 55 ? Reculer l’âge de la retraite comme veut l’imposer le gouvernement serait inefficace alors que l’immense majorité des salariés sont sortis du travail bien avant l’âge légal de départ. C’est avant tout le poids du chômage qui est à l’origine des difficultés de financement de la protection sociale. L’emploi et les salaires doivent donc être une priorité pour régler le problème des retraites.

Les syndicats signataires appellent l’ensemble du personnel de l'AFP à participer massivement le 27 mai à la journée de grèves et de manifestations dans tout le pays à l’initiative de l’intersyndicale nationale (CFDT, CFTC, CGT, FSU,
Solidaires, UNSA) afin que soit réellement donnée la priorité à l’emploi, à l’amélioration des salaires et du pouvoir d’achat et à la garantie de l’avenir du système des retraites par répartition. Il est urgent d’interpeller les pouvoirs publics afin de peser sur les choix à venir. Rien n’est joué. C’est par la mobilisation que nous ferons reculer le gouvernement dans sa volonté de passer en force sans prendre le temps d’organiser un vrai débat.

Les syndicats CGT, CFDT, SNJ, SUD et CFE-CGC de l'AFP appellent l'ensemble du personnel de l'agence à un arrêt de travail de quatre heures, de 13 H à 17 H, jeudi 27 mai à Paris et en province afin de participer aux manifestations.

A Paris, les syndicats nationaux de journalistes (SNJ, CGT, CFDT, CFTC) donnent rendez-vous jeudi à 13H30 au 110 boulevard d'Arago.

TOUS A LA MANIFESTATION A 14H00 PLACE DENFERT-ROCHEREAU EN DIRECTION DE BASTILLE!

Paris, le 26 mai 2010

- Communiqué SNJ-CFDT-FO en réponse au PDG

Par SUD-AFP :: 16/11/2009 à 17:24 :: Général

Note-communiqué-SNJ-CFDT-FO

PARIS, 16/11/2009 - 1621 - Voici un communiqué des syndicats SNJ-CFDT-FO de l'AFP - MERCI AFFICHER -

LES BLOCAGES SONT LE FAIT DE LA DIRECTION, PAS DES SYNDICATS !

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Le PDG vient d'adresser un message à l'ensemble de la rédaction prétendant en substance que "des projets importants pour l’Agence et ses personnels sont au point mort" du fait de vos représentants syndicaux.

C'est une contre-vérité affirmée avec un aplomb certain. En fait, c'est la direction qui bloque toute avancée et refuse toute négociation !

Sans développer à l'excès voici ce qu'il en est :

- Sur le déménagement rue Vivienne : les "partenaires sociaux" NE refusent PAS un éventuel déménagement. Ils se heurtent simplement à un discours souvent incohérent, changeant, parfois léonin de la direction, comme lors du CE où le nouveau DRH a essayé de modifier le sens du vote de vos représentants. Ils avaient accepté de voter la signature d'un bail pour les locaux de la rue Vivienne et on a tenté de leur forcer la main, en affirmant qu'ils avaient voté pour un transfert de la rédaction dans ces nouveaux locaux !

C'est précisément un transfert pur et simple sans aucune cohérence ni adaptation à la nouvelle organisation rédactionnelle multimédia que les syndicats ont jugé hâtive. Alors qu'on nous a dit qu'il s'agirait d'installer les desks (l'editing) à la rue Vivienne, on a vu qu'en fait des services de production comme la vidéo, la photo, le sport ou l'infographie y seraient mutés.

Alors qu'on peut se demander si la coordination entre photo, vidéo et services de production texte n'est pas plus importante que la proximité des desks ! Que la rédaction en chef y serait alors qu'elle est aussi nécessaire à la production qu'à l'édition... Que certains services allaient être déménagés en entier (sport, photo) et d'autres coupés en deux (économique...) sans nous dire, comment ils seraient coordonnés, ni des écrans communs de ressource utilisés par exemple.

On ne nous a pas dit comment serait organisé le flux rédactionnel lui-même (agglomération des différents "produits" au desk ou vérification d'un produit multimédia déjà aggloméré par les desks avant envoi définitif au client) ? Il est normal dans ces conditions que le CHSCT "refuse" de se réunir pour approuver une installation qui n'est qu'un "fait générateur" d'une réorganisation complète de l'entreprise et dont on ne sait à peu près rien au niveau des conditions de travail !

C'est son obligation de fonds et la loi lui en fait obligation (art L 4612-10 et 4614-12 du Code du Travail). D'autant que la direction lui a d'abord demandé de se prononcer sur le déménagement d'un seul service (les sports) sans même savoir ce qu'il y aurait autour avant de se raviser et de proposer un ensemble loin d'être abouti. La direction n'a rien trouvé de mieux que de faire un procès au secrétaire du CHSCT qui n'a fait que son devoir. Au risque de perdre de l'argent, de poursuivre dans l'incohérence (la direction a demandé un référé puis a prié le tribunal de surseoir... ) et surtout de judiciariser des relations sociales tendues en ce moment, en raison des menaces politiques contre l'agence. Car les syndicats aussi pourraient traîner la direction devant des tribunaux. Ce qu'ils se sont refusés à faire pour le moment...

Il est inadmissible de la part de la direction de faire un chantage aux subventions pour le 4XML et de parler du bail écoulé du palais Brongniart qui cessait le 31 octobre. Son allusion au soutien de l'Etat conditionné par des "locaux adaptés" est une pure invention.

Pour le reste, il suffit de déménager PROVISOIREMENT les services qui sont aujourd'hui au palais Brongniart et à la rue de la Bourse, dans les locaux de la rue Vivienne et de préparer un déménagement réfléchi et cohérent des parties de la rédaction nécessaires au fur et à mesure de l'avancée des travaux et de la réflexion sur la création d'une "grande agence multimédia". De ce point de vue, l'appel légal et rationnel à un expert sur l'introduction de nouvelles technologies de la part du CE est plus que logique et cohérent. Il est faux de dire que l'expertise n'est pas limitée dans le temps. Elle se fera en deux temps et la première partie devrait pouvoir s'achever en janvier. Mais bien sûr, il est impossible de préjuger des résultats de cette expertise, comme voudrait le faire la direction en faisant comme si de rien n'était.

- Sur le plan de départ éventuel volontaire sous forme de PSE (Plan de "sauvegarde" de l'emploi). Là aussi c'est la Direction qui bloque tout alors qu'elle est pourtant à l'initiative de l'opération ! Depuis l'été dernier ! Elle a d'abord fait des propositions véritablement "ubuesques" illégales et absurdes. Le PDG revient dans son communiqué à des conditions inacceptables en voulant limiter à 25 mois l'indemnité de départ légale. C'est inadmissible par la Commission arbitrale des journalistes, qui garantira les conditions de départ aussi bien pour les salariés concernés que pour l'employeur. Si la direction veut limiter les indemnités, qu'elle les limite donc d'une autre façon. Mais qu'elle reste dans la légalité.

Et il est odieux là aussi de faire un chantage à la provision pour plan de départ. Car c'est elle même qui veut un plan de départ, et comme elle le dit, les comptes 2010 risquent d'être mauvais. Donc la probabilité d'un plan de départ PSE est d'autant plus élevée. Mais cette fois, il se ferait dans l'urgence et encore plus de douleur qu'aujourd'hui. Ce blocage est incompréhensible, d'autant que la loi oblige aussi à la signature d'un "plan senior" avant 2010, qu'il est difficile d'évaluer sans terminer le plan de départ éventuel.

- Sur les CDD aussi la Direction se montre autiste. Les syndicats ont traduit l'indignation générale et spontanée manifestée dans l'agence contre la précarité. Là aussi toute discussion est suspendue de son fait. Les syndicats demandent des listes des précaires avec notamment des dates permettant de prendre en compte leurs ancienneté dans toutes les fonctions (CDD, pigistes, statut local) afin de pouvoir définir des critères objectifs d'un ordre de permanisation. La direction s'y refuse. Vos représentants font aussi valoir que 17 titularisations d'ici à fin 2010, c'est le nombre quasi normal de permanisations "naturelles" sur cette "période". Sous réserve bien sûr des départs avant 70 ans. Le mouvement a abouti à un résultat mais pas au point de remettre en cause l'emploi systématique de précaires sur certains postes. Les syndicats demandent 30 permanisations d'ici à 2011. Il est clair que sans être directement lié, l'application d'un plan de départ dans de bonnes conditions, permettrait de nouvelles embauches de journalistes encore mieux qualifiés pour certaines nouvelles tâches.

- Enfin, en ce qui concerne le statut : toutes les organisations syndicales, et sans doute une écrasante majorité du personnel, ne souhaite pas l'AFP voir transformée en société par actions. On sait tous qu'elle sera "publique" dans un premier temps (ce qui est déjà catastrophique pour notre crédibilité et notre clientèle) et qu'elle sera privatisée ensuite, grâce à la sous-évaluation de son capital et du "ménage" social qu'il est prévu d'y faire au cours de la courte période d'étatisation. Il faut défendre l'outil d'information, de connaissance et de citoyenneté que représente l'AFP, structurellement indépendante grâce à un statut la faisant exister sans autre propriétaire que le peuple français.

Un seul point d'accord avec la direction : reprenez les négociations !

Paris le 16 novembre 2009

- Statut : la SDJ demande un référendum

Par SUD-AFP :: 23/09/2009 à 22:15 :: Général

Note-SdJ  

COMMUNIQUE DE LA SOCIETE DES JOURNALISTES DE L'AFP              

               PARIS, 23/09/2009 - 1015 -               

        Pour une approbation d'un statut

par référendum du personnel

           

Dans le cadre du débat sur le projet de réforme du statut, la direction vient de mettre sur les fils un argumentaire de presque 3.800 mots pour détailler son plan et ses motivations. Les différents acteurs sociaux, en Assemblée générale ou par écrit, ont également longuement expliqué leurs positions.

La SdJ, depuis plus d'un an, n'a eu de cesse de poser des questions, d'informer autant que possible la rédaction, et de tracer des "lignes jaunes" à ne pas franchir. Dans son projet, la direction a tenté de tenir compte de nos objections, en verrouillant le capital public, en conservant tel quel l'article 2 du statut de 1957. Dont acte.

Pour autant, il est clair, après la présentation par le Pdg Pierre Louette d'un projet plus détaillé, que c'est la défiance, et l'inquiétude, qui prédominent dans la maison.

Inquiétude sur les conséquences d'une "étatisation" en termes commerciaux, de gestion, rédactionnels.

Inquiétude sur les risques à terme de revente au privé. Car quels que soient les verrouillages proposés par le Pdg pour éviter toute forme de privatisation, tout le monde a en tête les exemples d'autres entreprises (EDF, France Telecom), remplissant des missions d'intérêt général, transformées en sociétés par actions "publiques", avant d'être peu à peu revendues au privé.

Néanmoins, la SdJ continue de croire nécessaire, et possible, une réforme du mode de financement de l'AFP qui préserve son indépendance. Des solutions ont été avancées. On s'est demandé pourquoi le législateur, qui avait inventé de toutes pièces un statut à l'AFP en 1957, ne pourrait pas doter l'agence d'un capital sans passer par la création d'une société anonyme. Le Pdg, dans son communiqué, affirme que c'est impossible, pour des raisons juridiques. C'est oublier que la volonté politique est toujours capable de faire sauter les blocages juridiques.

D'autres idées peuvent surgir, en interne, ou en externe. Pourquoi pas à l'occasion de la mission parlementaire annoncée?     

Car quelles que soient les justifications d'une réforme du statut,le PdG et les pouvoirs publics  peuvent-ils se permettre de l'imposer contre l'avis du personnel?

Ce serait prendre le risque de provoquer un grave conflit qui, dans notre situation, mettraient en danger la survie même de l'agence.  

La direction, nous en sommes certains, ne souhaite pas s'engager dans cette "politique du pire".              

Les auteurs du statut de 1957 avaient bien compris que, pour être bien né, un statut doit recevoir l'approbation de ceux qui en dépendent.

Lorsque le projet a été finalisé, un référendum interne a été organisé à l'AFP.

La première question en était: "Etes-vous pour un statut de l'AFP?" Réponse OUI, à 96%.

La deuxième question était: "Etes-vous pour le présent projet?" Réponse OUI à 82%

C'est ce projet, porté par la volonté des personnels de l'AFP, qui a ensuite été voté à l'unanimité par l'Assemblée nationale, preuve que ses rédacteurs avaient su dépasser les enjeux partisans.

La France de 2009 n'est pas moins démocratique que celle de 1957. Rien ne s'oppose à ce qu'un futur nouveau statut soit soumis à notre approbation. Mais il est clair que le présent projet devra être remis sur la table et faire l'objet de nouvelles discussions entre les acteurs sociaux de l'AFP, la SdJ, la direction, les parlementaires, les pouvoirs publics.

L'enjeu en vaut la peine.              

C'est pourquoi LA SDJ DEMANDE QUE LES PERSONNELS DE L'AFP SOIENT CONSULTES PAR REFERENDUM SUR LE PROJET DE REFORME DU STATUT DE L'AGENCE, comme ce fut le cas en 1956-57 pour la doter d'un statut qui nous a protégé pendant un demi-siècle.

               Le CA de la SdJ

              

- Pierre Louette : Conseil d'administration du 6 mai 2009

Par SUD-AFP :: 27/06/2009 à 17:28 :: Général

Conseil d’Administration du 6 mai 2009

Le Conseil d’administration a approuvé mercredi 6 mai les comptes 2008 sociaux et consolidés audités par le cabinet Mazars, qui confirment les tendances positives constatées ces derniers exercices.

Le résultat net consolidé s’établit à 1,3 M€, incluant une constitution de provision en exceptionnel de 5 M€. Hors cette provision, le résultat net aurait été supérieur à celui de 2007.

Le chiffre d’affaires 2008 s’établit à 270,9M€, en progression de 4 % (à taux comparables) par rapport à 2007. Hors évènements spéciaux et recettes de la Convention d’Etat, la progression est de 3,3%.

La progression des recettes en 2008 confirme la validation des choix stratégiques faits dès le début 2006, qui ont mis l’accent sur le développement des produits multimédia et de la vidéo. S’agissant des lignes de produits, on relève notamment :
• la croissance des ventes photo, qui frôle des 10% (9,7%) ;
• la poursuite de la rapide progression des produits multimédia (13,8 %), incluant une croissance de la vidéo de près de 50% (45,3%) ;
• une progression du service général hors convention d’Etat de 3,0%.
En termes géographiques, les plus fortes progressions par rapport à 2007 proviennent de l’international (+8,8%), la France progressant de 2,9% hors recettes de la Convention d’Etat. Les régions ont des croissances très significatives. C’est le cas de l’Amérique Latine qui croit de 25,7%, de l’Afrique (14,1%), de l’Europe et de l’Amérique du Nord (10%), l’Asie restant stable.
Les charges d’exploitation restent maîtrisées en 2008, avec une progression de 4% qui, corrigée du coût des événements spéciaux, aurait été limitée à 3,2%.

La marge d’exploitation s’établit à 21,4 millions, en progression de 1 M€ environ par rapport à celle de 2007 à taux de changes comparables. La progression de la marge se poursuit, de façon plus modeste que les années précédentes, malgré des recettes de la convention d’Etat stagnantes entre 2007 et 2008.

Par rapport au budget 2008, la marge est en amélioration de 3,3 M€, ceci provenant d’une performance commerciale 2008 très supérieure au budget (+3,6 M€) et de charges quasiment conformes au budget (+0,3 M€).

A contrario, il apparaît que l’Agence ne sera pas, en 2009, en mesure d’atteindre son objectif de chiffre d’affaires. L’ordre de grandeur - estimé à ce jour - de l’écart défavorable final au budget 2009 se situe entre 4 et 5 M€. Face à cette situation, la direction de l’Agence a pris, dès les premières semaines de 2009, des mesures d’économies de diverses natures, visant autant que possible à maintenir l’objectif de marge. Le tableau de bord de l’Agence à fin Mars 2009 est, de ce point de vue, encourageant.

Le Conseil a été également l’occasion de faire le point de l’état d’avancement du projet d’évolution du Statut de 1957.

Il a été rappelé que le rapport remis aux ministres fin mars serait communiqué aux personnels de l’AFP avant la mi-mai, le tacite consentement de ceux qui ne se seraient pas encore exprimé sur la demande de communication étant alors acquis.

La représentante de l’Etat a bien voulu indiquer que, du côté du Gouvernement, l’accueil réservé aux premières propositions avait été favorable et qu’elle aussi considérait, avec le Président de l’Agence, qu’une loi « sur mesure », protectrice d e l’indépendance de la rédaction comme des missions traditionnelles de l’Agence et limitant la détention du capital de la future entité à des actionnaires publics lui paraissait constituer la solution souhaitable.

Une réunion interministérielle devrait permettre, dans les prochains jours, de déterminer le calendrier de travail et d’avancer, d’ici à l’été, dans la conduite du projet de changement.

Pierre Louette

 

- Statut de l'AFP : position de la SDJ

Par SUD-AFP :: 27/06/2009 à 17:27 :: Général

Société des Journalistes (SDJ) :

Avenir de l'AFP: le calendrier s'accélère, des questions demeurent.

 

PARIS, 18/05/2009 - 1018 - L'AFP est confrontée, en ce mois de mai, à des bouleversements majeurs: le Pdg a présenté un projet de réforme du statut, le directeur de l'information a été remplacé, et la nouvelle équipe a pour tâche de lancer le grand chantier du passage à l'agence multimédia.



Les hommes, d'abord:

La SDJ tient à rendre hommage à Denis Hiault, qui vient de quitter le poste de directeur de l'information, pour le travail accompli depuis plus de trois ans. Durant cette période, l'AFP a notamment amorcé le virage décisif vers le multimédia et a développé son offre vidéo, mais a aussi, et surtout, prouvé qu'elle pouvait rester l'une des meilleures agences du monde en mettant en avant des valeurs journalistiques et des convictions déontologiques claires. La SDJ ne doute pas que le cap sera maintenu par son successeur Philippe Massonnet et son équipe, particulièrement au moment où l’approbation de la rédaction à toutes les réformes à venir sera essentielle.

Le statut:

Le PDG a rendu public le mémo qu'il a adressé aux ministères concernés. Ce document de 30 pages est consultable sur asap (page d'accueil, rubrique AFP info). La philosophie générale du texte, sauf erreur d'interprétation, est la suivante: l'AFP veut préserver le coeur de sa mission historique d'information. Cette activité étant par nature peu rentable, il convient de la financer en développant des activités annexes (partenariats, ventes de services, corporate...).

La SDJ prend acte du fait que certaines de ses principales préoccupations ont été prises en compte: l'indépendance de l'agence y est présentée à plusieurs reprises comme une condition sine qua non de la réforme, et le texte insiste sur le maintien de notre « mission » historique d’information.

La SDJ, depuis plusieurs mois, avait mis en garde contre les dangers potentiels, notamment le risque de privatisation et le risque de prise de contrôle "politique" de l'Agence. Sur la foi du document présenté, le projet semble écarter pour le moment une privatisation. La « Fondation » imaginée pourrait être l’organe nécessaire pour nous prémunir de pressions intempestives de l’actionnaire. Il faudra pour cela que cette Fondation soit bien née, composée de femmes et d’hommes minutieusement choisis, et que le statut lui donne effectivement les moyens de nous protéger.

A ce propos, le mémo du PDG ne souffle mot de la gouvernance de notre future agence. Or, la composition du futur Conseil d'Administration, la composition précise de la Fondation, le mode de nomination du PDG, sont trois points essentiels du futur dispositif. De ces trois points découlera l'indépendance de l'Agence vis-à-vis du pouvoir. La rédaction sera particulièrement attentive à ces trois points, et attend qu’ils soient précisés au plus vite.

Par ailleurs, la SDJ demande d’ores et déjà que la rédaction soit représentée à la fondation et au CA, par un ou des délégués élus.

Toutefois, la SDJ réitère sa position: le projet de loi à venir devra indiquer en toutes lettres que l'AFP est une "société à capitaux publics". Le texte devra comprendre une formulation sans ambigüité précisant que les actions ne pourront en aucune façon, ni à aucun moment, être cédées à des intérêts privés. Il appartiendra aux juristes, puis aux parlementaires, de trouver la formule adéquate.

En ce qui concerne la séparation envisagée entre le cOeur de métier et les activités annexes, celles-ci doivent, dès maintenant, être clairement identifiées, délimitées, et encadrées par des règles strictes et dans la plus grande transparence. La rédaction veillera à ce que cette évolution n'altère pas le label AFP.
Il est bon, par ailleurs, de rappeler que le statut de 1957 n’est pas parfait, et que l'indépendance dont nous jouissons est d’abord et avant tout le fruit de notre lutte quotidienne pour résister aux pressions, bien plus qu'un effet mécanique de notre statut. L'Agence de demain n'est ni un seul statut, ni une seule stratégie. Elle est d'abord celle que nous tous déciderons de faire vivre, avec nos principes, notre éthique et nos compétences.

Le multimédia:

Avec ou sans ce nouveau statut, l'Agence s'avance par ailleurs à grand pas vers l'une des plus grandes révolutions de son histoire. L'avenir proche verra la transformation de notre mode de production. D'ici quelques années, l'AFP sera devenu un fournisseur d'information multimédia. Une couverture ne se concevra plus autrement qu'en termes d'alliance et de complémentarité entre vidéo, texte, photo, graphisme.

Les journalistes sont conscients de cette évolution et, pour beaucoup d'entre eux, impatients même d'avoir les moyens d'entrer au plus vite dans cette ère nouvelle.

Les rapports récemment rendus publics par la direction offrent des perspectives intéressantes et ambitieuses, qui nécessiteront des investissements lourds sur le plan financier et humain, y compris en terme de modifications des habitudes de travail. La SDJ ne peut qu'approuver le projet de rédaction en chef multimédia, responsable d'une véritable coordination des moyens matériels et humains, et la création d'un "pôle d'édition multimédia".

Elle veut croire que la direction saura, en menant cette réforme, lancer un projet complet de formation, afin que les nouvelles tâches demandées aux journalistes de la rédaction puissent être exécutées avec la compétence et le savoir-faire qui sied à une agence mondiale de qualité.

Cependant, la question du rôle de chaque journaliste doit encore être débattue.

Car sauf circonstances exceptionnelles, si la production AFP devient multimédia, le journaliste AFP n'en deviendra pas pour autant un "reporter multicartes". C'est en bout de ligne, au "pôle d'édition" et dans la déclinaison commerciale des produits, que le multimédia prend tout son sens, et beaucoup moins en amont, sur le terrain.

La SDJ entend ici rappeler, solennellement, que l'agencier est un journaliste comme les autres, mais avec des contraintes particulières. Si les collègues de presse écrite, qui ont pour seul impératif dans la journée d'écrire un papier de 500 mots avant 19h00, ont le temps de faire de la vidéo ou d’intervenir sur leur site internet, un agencier soumis à l'obligation du temps réel, au rythme des alerte/urgent/lead + papier général dans l'heure ou dans les deux heures, ne peut pas se transformer en homme orchestre. Sauf à sacrifier la collecte de l'information et la qualité du travail, ce qui conduirait à notre perte.

La collecte et la production de l'information restent avant tout des activités artisanales, certes facilitées par l'informatique et les nouveaux modes de communication, mais qui réclament essentiellement du temps et des moyens humains (entretien des sources notamment).

La SDJ estime par conséquent que la production multimédia par un journaliste unique doit être envisagée de façon exceptionnelle, pour certains magazines, avec du temps, et en cas d'événement type tremblement de terre ou tsunami, pour ne pas rater des images qui feraient le tour du monde.

Elle n'acceptera pas une dérive qui, d'une part, transformerait l'actuel rubricard en homme orchestre -porte-caméra, porte-micro, porte-plume et, de l'autre, instaurerait une concurrence de fait avec le travail de l'AFP TV, dont l'image est le coeur de métier. La production multimédia par un seul journaliste ne peut être envisagée que comme une activité de complément et non de substitution.

La rédaction attend avec intérêt et ouverture la révolution du métier qui nous attend.

C’est pourquoi une concertation approfondie doit maintenant être ouverte par la direction avec la rédaction, très rapidement, si l’on veut que les journalistes s’approprient les nouveaux modes de production. Rien ne serait pire qu’une révolution imposée, mal comprise, et qui laisserait à chacun l’impression d’une dépréciation de sa qualité de travail.

 

18-5-2009

- Statut de l'AFP : positions FO et CFDT

Par SUD-AFP :: 27/06/2009 à 17:25 :: Général

COMMUNIQUE DU SYNDICAT GENERAL DES JOURNALISTES FO

Réforme du Statut: Non aux actionnaires, oui à l'indépendance!


Le Pdg Pierre Louette a esquissé devant le Comité d'entreprise mercredi son projet de modification du statut de l'Agence, qui va être soumis au gouvernement avant que s'engage un processus législatif visant à entériner le nouveau statut.
Ce projet confirme toutes nos craintes: avec les propositions du PDG, c'est bien l'indépendance structurelle de l'AFP qui est remise en cause. Nous sommes confrontés à une dénaturation en profondeur des principes inscrits dans le statut de 1957.

  • 1 - L'AFP est bel et bien transformée en société anonyme.
    La "société nationale de droit commun à capitaux publics" que propose le PDG serait, de fait, de même nature juridique qu'une SA à capitaux privés. C'est à dire une société par actions, détenue par des actionnaires qui pourraient du jour au lendemain revendre ces actions.
    Le fait que ce soit dans un premier temps des organismes publics ou étatiques comme la Caisse des dépôts (qui exige par ailleurs un retour sur investissement) ou l'Agence des participations de l'Etat qui seraient détenteurs de 100% des actions, n'empêcherait aucunement que, demain, ceux-ci ou les membres du conseil d'administration de la future société (dont on ne sait rien) ne revendent leurs actions à des opérateurs privés.
    A partir du moment où vous êtes sur le marché, dans le contexte européen d'une "concurrence libre et non faussée" qui plus est, c'est la loi du genre. On l'a vu avec GDF Suez et c'est ce qui se prépare à La Poste.
    C'est donc le risque de voir l'agence livrée demain à des entreprises privées, en contradiction absolue avec l'actuel article 2 des statuts, garantissant l'indépendance de l'agence: "l'AFP ne doit, en aucune circonstance, passer sous le contrôle de droit ou de fait d’un groupement idéologique, politique ou économique".
    Pour masquer cette réalité, et prévenir les critiques, le PDG prend le soin de dresser un rideau de fumée baptisé "Fondation". Cette "Fondation" qui chapeauterait la société nationale serait destinée à "veiller à l'indépendance de la rédaction".
    En tout cas pas à l'indépendance capitalistique. La fameuse action assortie de droits préférentiels (golden share) n'empêchant aucunement - comme on l'a vu chez Reuters - une vente de l'AFP au privé.
    Comme en plus, le PDG ne nous dit rien de la composition de cette fondation (quelles personnalités qualifiées?), qui pourrait de surcroît lever des fonds, on est amené à avoir les plus grands doutes sur la portée d'une telle structure pour la défense de l'indépendance de l'agence.
  • 2 - L'indépendance ne se découpe pas en rondelles
    Ne pouvant aller contre l'évidence, le PDG ne parle plus d'ailleurs que "d'indépendance éditoriale" ou "d'indépendance rédactionnelle". Mais pourrait-il y avoir une vraie indépendance rédactionnelle, quand l'agence elle-même n'aurait plus d'indépendance structurelle.
    Le statut de 1957, lui, ne faisait pas de différence, en affirmant que "l'Agence France-Presse ne peut en aucune circonstance tenir compte d’influences ou de considérations de nature à compromettre l’exactitude ou l’objectivité de l’information".
    C'est parce que l'agence est indépendante que ses journalistes peuvent mieux résister aux pressions de toutes sortes qu'ils subissent comme les autres.
    Qu'est-ce qui nous garantit que demain, il ne faudrait pas, pour ne pas nuire aux "intérêts" de nos actionnaires ou déplaire à quiconque voudrait financer l'AFP via la Fondation, en rabattre sur notre devoir de livrer une "information exacte, impartiale et digne de confiance".
  • 3 - La pérennité des missions de l'agence n'est plus assurée.
    Qui dit société anonyme, capitaux, actions, dit recherche de rentabilité. La chose en soi n'est pas forcément condamnable et il est normal pour une entreprise de viser à la rentabilité, à condition que celle-ci serve à son développement, donc à l'emploi et au bien commun, et non à enrichir des actionnaires.
    La chose en soi n'est déjà pas si évidente. Nous en avons des exemples tous les jours.
    Mais s'agissant de l'AFP, nous ne sommes pas dans le cadre d'une entreprise tout à fait comme les autres. Le statut de 1957 lui conférait en effet à son article 2 une série de missions, "d'obligations fondamentales", notamment en termes de couverture de l'actualité.
    "L’Agence France-Presse doit, dans toute la mesure de ses ressources, développer son action et parfaire son organisation en vue de donner aux usagers français et étrangers, de façon régulière et sans interruption, une information exacte, impartiale et digne de confiance".
    "L’Agence France-Presse doit, dans toute la mesure de ses ressources, assurer l’existence d’un réseau d’établissements lui conférant le caractère d’un organisme d’information à rayonnement mondial".
    Dans la présentation du PDG, rien ne garantit que ces obligations fondamentales - qui participent de la défense du pluralisme, du droit à l'information, du droit des peuples à se faire entendre et, disons le, de la démocratie - devraient toujours être respectées.
    Rien ne dit que la future société nationale ou société anonyme, en fonction des souhaits des ses actionnaires, ne pourrait pas, demain, abandonner tout un pan des activités actuelles de l'agence, au prétexte de leur manque de rentabilité. Ou, pour les mêmes raisons, être vendue par appartements, voire au pire être mise en liquidation.
  • 4 - Financer l'agence, oui, mais comment?
    Selon Pierre Louette, l'objectif de ce bouleversement serait de "repenser le financement de l'agence dans le contexte de la révolution numérique", car si le statut de 1957 "a constitué à l'époque indéniablement un progrès, il n'a pas réglé en profondeur la question du financement de l'AFP".
    Notre PDG, qui n'est tenu comme chacun sait par aucune "contrainte idéologique", part d'un postulat de départ: "on ne peut plus appeler l'Etat à la rescousse". Ca tombe bien. L'Etat dit la même chose.
    Ce qu'on comprend moins bien, c'est que l'Etat continuerait, dans le projet du PDG, à assurer le même financement, via ses abonnements, et via une contribution aux missions d'intérêt général de l'agence. Et que ce sont des actionnaires publics qui assureraient la capitalisation de l'agence.
    Qui plus est, l'objectif fixé à cette capitalisation, apparaît plutôt modeste (45 millions d'euros, plus 20 millions via l'emprunt).
    Faudrait-il changer le statut pour cela et se lancer dans un processus législatif aussi risqué?
    Ces derniers temps, on a connu l'Etat plus prompt à venir "à la rescousse" d'entreprises et pour des sommes nettement plus conséquentes. Mais peut-être, avec l'AFP, a-t-il, lui, une "contrainte idéologique" particulière. Et que pour aider l'AFP à vivre et se développer, il faut d'abord la mettre en situation d'être privatisée. Et de tordre le cou à son indépendance.
  • 5 - Quelle AFP et quel(s) métier(s) demain?
    Le PDG parle dans son projet d'un développement de l'agence fondé sur "les supports les plus porteurs" (au nombre desquels la vidéo, les services en langue, le multimédia, l'infographie animée), lignes directrices qu'il a souvent évoquées, mais aussi sur "une diversification via des activités nouvelles satellites". Il évoque également dans ce cadre l'achat de sociétés.
    Personne à l'agence n'est opposé à l'évolution des contenus et des métiers. Encore faut-il qu'il s'agisse bien de faire notre métier de base, qui est celui d'informer, et non de se lancer dans on ne sait quelles lubies numériques ou autres, n'ayant rien à voir avec l'information mais qui seraient censées rapporter de l'argent (aux actionnaires?).
    Après Relax-news, les devinettes de Newzwag, le projet d'AFP Corporate (SAS), destiné à faire des photos et vidéos pour la communication interne et externe des entreprises, ne nous inspire pas la plus grande confiance il fait courir un risque de mélange des genres entre communication et information. Surtout quand il est prévu de dédier un espace à AFP-Corporate sur Image Forum.
    Nous refuserons pour notre part, au nom de la rentabilité, d'abandonner la moindre once des principes professionnels de l'agence.
    Dans la pétition lancée en décembre dernier et aujourd'hui cosignée par 15.000 citoyens et journalistes, l'ensemble des syndicats de l'agence affirmait: "nous exigeons que l'agence conserve sa particularité, sa capacité à maintenir sa mission d'intérêt général et son indépendance structurelle. Par conséquent, nous nous opposons à toute modification qui dénaturerait son statut, inscrit dans la loi de 1957".
    Force Ouvrière n'a pas changé d'opinion. Le projet de M. Louette signifie la fin de l'indépendance de l'AFP et met en danger sa capacité à accomplir ses missions au service d'une information libre et de qualité.
    Force Ouvrière appelle l'ensemble du personnel à manifester avec force, sous toutes les formes, son refus du projet du PDG. Elle appelle l'ensemble du personnel à engager, avec les organisations syndicales, une campagne nationale pour dire "non aux actionnaires, oui à l'indépendance".


Force Ouvrière vous appelle à manifester votre opposition en votant massivement pour ses listes aux élections professionnelles du 9 avril.

SGJ-FO, le 1er avril 2009

 

CFDT-AFP - Réforme de l'AFP: trop de questions cruciales, pas de réponses précises

 

PARIS - Une course de vitesse s'est engagée pour la réforme du statut de l'AFP. Le gouvernement envisage un projet de loi pour fin 2009 - début 2010. Cette précipitation n'est pas de bon augure dans un contexte de récession qui frappe la presse. Pourquoi bâcler cette réforme alors que l'AFP s'en tire pour le moment pas trop mal?

Les salariés ont l'impression d'être réduits à deux options. Accepter passivement. Ou refuser frontalement. Deux options frustrantes qui éludent le débat de fond (financement, gouvernance, orientation rédactionnelle...).
"L'AFP doit disposer des moyens financiers de ses ambitions", lit-on dans le rapport du PDG remis au gouvernement. Qui peut être contre (en théorie)? Encore faut-il des garanties pour que rien ne menace l'indépendance de l'agence.
"Le statut de 1957 n'est plus adapté". Cette phrase n'est pas reçue comme une vérité révélée par une importante partie de l'AFP. Oui la composition du CA de l'AFP n'est plus adaptée. Dans cette instance, le poids de la PQR est disproportionné pour une agence mondiale.
Mais pour le reste? Qu'attendons-nous précisément de l'Etat dans les années qui viennent? Dans le cadre du Com, l'Etat s'engage à verser quelque 110 millions d'euros par an jusqu'en 2013 (plus l'inflation). Et après? L'Etat va-t-il continuer à s'engager dans l'AFP si elle devient une SA à capitaux publics?
L'Etat, nous dit-on, ne va plus financer le développement et la diversification de l'AFP. "On n'obtiendra pas de financement sans transformation du statut", nous a redit le PDG lors du dernier CE le 20 mai. Pourquoi? Idéologie libérale? Réduction des dépenses publiques? Fait du Prince?
Dans cet esprit, il faudrait donc un changement de statut pour constituer une SA, lever des fonds propres et financer le développement et la diversification de l'AFP.
De quel développement parle-t-on? A ce sujet, une mission Filloux a été annoncée à la va-vite pour définir "nos axes de développement"...pourquoi solliciter -sans doute à grand frais- une personnalité extérieure alors qu'une demi-douzaine de groupes de travail ont planché ces derniers mois sur l'agence multimedia?
Quelle va être "la valeur ajoutée" de Frédéric Filloux, lui qui n’a jamais caché ses critiques à l’égard de l’AFP ? A la tête de 20 minutes, il s’est régulièrement plaint de "l’ostracisme" dans lequel l’AFP tenait son journal, des subventions excessives de l’Etat que l’Agence percevait, du caractère pléthorique de sa rédaction...
Quelle que soit les résultats de la mission Filloux, nous devons nous interroger collectivement sur notre développement. Que va-t-on faire avec 45 millions d'euros de capital et 20 millions d'emprunt? A quelle échéance? Avec quelle perspective de rentabilité? A notre sens, les nouvelles activités à développer doivent être journalistiques. On peut donc se poser des questions sur le projet de filiale AFP qui se consacrerait à du publireportage...
Et surtout, quelle perspective pour l'emploi? A nos yeux, tous les projets de développement et de diversification de l'AFP doivent servir les causes essentielles d'une vraie économie sociale: l'embauche, les salaires, la formation, l'intérêt des parcours professionnels...et non les dividendes des actionnaires, fussent-ils publics.
Les actionnaires pressentis seraient la Caisse des dépôts et consignations et l'Agence des Participations de l'Etat, l'oeil de Bercy...Une question, cruciale: ces deux actionnaires ont-ils vocation à s'engager sur le long terme? S'engageraient-ils à recapitaliser l'AFP en cas de nouveaux besoins? Ou bien des actionnaires privés pourraient-ils un jour entrer au capital de l'AFP, comme des loups dans la bergerie?
Quelles conditions de rentabilité/ retour sur investissement pourraient poser ces actionnaires? Comment éviter le renforcement de "l'image d'agence d'Etat" de l'AFP à l'étranger? L'APE représente une vraie menace d'étatisation de l'AFP...

Une autre question tout aussi fondamentale: en cas de changement de statut, l'AFP gardera-t-elle le bénéfice de l'actuel article 14 du statut de 1957? Pour mémoire l'Article 14 dispose que l'AFP ne peut être dissoute que sur décision du Parlement, même en cas de faillite. "Je ne sais pas. Je suis assez pour. Je le mettrai dans le projet de loi", nous a répondu le PDG lors du CE du 20 mai. Nous demandons le maintien de cet article 14, quoi qu'il arrive.

La gouvernance, l'actionnariat, l'article 14...et la Fondation.
La Fondation, nous dit-on, garantira l'indépendance de l'AFP. Dans les termes de l'actuel article 2? Pour mémoire, l'article 2 dispose que l'AFP "ne doit, en aucune circonstance, passer sous le contrôle de droit ou de fait d’un groupement idéologique, politique ou économique" et qu'elle "doit, dans toute la mesure de ses ressources, assurer l’existence d’un réseau d’établissements lui conférant le caractère d’un organisme d’information à rayonnement mondial".
La Fondation serait aussi un instrument de collecte de fonds. Sous quel régime juridique? La Fondation disposera d'une action préférentielle au Conseil d'administration de l'AFP. La loi lui accordera-t-elle une sorte de "minorité de blocage"? Serait-elle ouverte à des clients européens de l'Agence ? Quelle sera la place de ses membres au Conseil d'administration? Celle des salariés?
Nous pourrions encore poser des questions sur l'actionnariat salarié...Mais arrêtons-nous là. Tant que nous n'aurons pas des réponses précises à nos questions, qui sont autant de demandes de garanties sur l'avenir de l'AFP, nous ne pourrons cautionner des projets élaborés sans nous, sur instance d'un gouvernement obsédé par la réduction des dépenses publiques.

La CFDT-AFP

9-6-2009

- SNJ-CGT : le Plan Louette, une autoroute vers la privatisation

Par SUD-AFP :: 09/06/2009 à 16:49 :: Général

Communiqué SNJ-CGT-AFP

    ---ATTENTION TOUS. MERCI AFFICHER ----


    -- LE PLAN LOUETTE: UNE AUTOROUTE VERS LA PRIVATISATION--

 

   En l'absence d'une mobilisation forte du personnel, le risque est grand de   voir Louette et une direction désormais composée à sa main faire tranquillement passer son plan stratégique, qui conduira à moyen terme à la privatisation et à la mise en cause de notre mission première d'agencier.

   Le PDG Pierre Louette a donc fini par livrer aux personnels son projet de    casse du statut et de transformation de l’AFP. Lors d'un CE, il a également    informé les élus qu'un projet de loi pourrait être prêt "très rapidement",      tout en jurant qu'aucun projet de ce type n'avait été préparé dans nos murs, le changement de statut pouvant intervenir "d'ici à la fin de l'année". Compte tenu des vacances estivales et du délai entre l'adoption d'un projet de loi en  Conseil des ministres et son examen au Parlement, cela revient à réduire à la   portion congrue le débat interne sur cet enjeu fondamental.

   Ainsi l'Agence France-Presse, un des acquis de la Libération, propriété de la nation, serait bradée sans qu'un véritable débat ait pu avoir lieu ailleurs que dans les salons feutrés de l'Assemblée ou de l'Elysée, et surtout pas à   l'intérieur de l'agence.

        - L'étatisation... -

   Comment une "société nationale à capitaux publics" serait-elle perçue autrement que comme une entreprise d'Etat ? C'est évidemment le contraire qui serait vrai
   : on entend déjà les commentaires désobligeants de nos principaux concurrents (et aussi clients) anglo-saxons. Sans parler de l'attitude des politiques de tous bords qui ont parfois tendance à penser que l'AFP doit être "aux ordres"
   : pourquoi se priver face à une entreprise "nationale" renflouée par des fonds de l'Etat ?

   Faire une SA, c'est se plier à l'oukase sarkozien inscrit dans le COM, où le désengagement de l'Etat est quasiment inscrit noir sur blanc.

   Faire de l'AFP une SA à capitaux publics, c'est la placer dans un état de   subordination juridique à l'égard de l'Etat, c'est la fin de l'indépendance   structurelle de l'Agence. La fin de son indépendance rédactionnelle aussi. On   n'ose imaginer par exemple dans quel inconfort sera placé le service économique lorsqu'il s'agira de rendre compte de l'attitude de la Caisse des dépôts et   consignations, bras armé de l'Etat dans l'économie française, surtout en cas   d'information sensible. Et qui imagine sérieusement que la Fondation censée nous protéger des interventions extérieures puisse jouer efficacement son rôle au quotidien ?

   - ...puis la privatisation -

   Qui promet de ne "jamais privatiser" une entreprise publique peut très bien le faire par la suite. Le PDG prétend avec son projet protéger contre toute   privatisation future une AFP "refondue". Les promesses, fussent-elles faites à  la tribune de l'Assemblée nationale, n'engagent que ceux qui les croient, comme nous avons pu le constater avec Gaz de France ou autres...

   Les soubresauts les plus violents de la crise économique une fois apaisés, nul doute que Nicolas Sarkozy réenfourchera le cheval du libéralisme à tout-va.

   Pierre Louette écrit qu'il "appartiendra à la loi de prévoir que le capital ne pourra être transféré à des intérêt privés" (page 26 de son rapport). Saugrenue, farfelue, extravagante, on ne sait quel est le qualificatif le plus adapté à cette proposition. Est-il concevable que le législateur renonce par avance à légiférer à nouveau sur le même dossier ? Si d'aventure elle figurait, cette clause totalement absurde serait immanquablement censurée par le Conseil  constitutionnel. Voilà en tout cas une preuve que Pierre Louette nous prend pourdes imbéciles.

   Rappelons-nous surtout que l'initiative de changer le statut est inscrite dans   le COM signé il y a quelques mois. Ce Contrat d'objectifs et de moyens prévoit une croissance annuelle des recettes de 4,7 % par an hors convention avec l'Etat - un objectif totalement irréaliste et qui l'est encore plus depuis l'entrée en récession.

   La ficelle est un peu grosse : en 2013, le Conseil d'administration viendra sans doute s'apitoyer sur "les résultats insuffisants" de l'AFP et décrètera qu'il est urgent d'"ouvrir le capital".

   Un tel scénario est d'autant plus crédible que, de l'aveu du PDG à tous ses  interlocuteurs, y compris en comité d'entreprise, l'évolution du marché des   médias est marqué par "une très grande incertitude". Personne n'a encore trouvé comment rentabiliser l'information mise en ligne gratuitement sur les sites   Internet. Selon les estimations du PDG, qui sont peut-être optimistes, il faut  pas moins de 15 internautes pour remplacer le revenu tiré d'un seul lecteur   "papier" ! Donc, on ne sait pas où on va, mais Pierre Louette nous promet un    grand saut dans le vide en changeant de statut.

   - Le PDG lance des leurres -

   Dans le projet Louette il y aurait au centre la "mission d'intérêt général" non rentable et soumise à l'aide financière de l'Etat et, gravitant autour, la  nébuleuse du nouveau monde merveilleux des produits "rich  media", tout-multimédia-relax.

   Il est noté page 27 du rapport que le futur statut formaliserait "la  contractualisation avec l'Etat des missions d'intérêt général dont l'AFP a la   charge, et les modalités de financement de ces missions; centrées sur le   rayonnement de la France et du français, elles pourraient également concerner   l'aide à la presse et aux médias".

   Pourquoi réduire cette mission aux seuls services en français ? Pour quelle  raison la subordonner à l'aide de l'Etat ? Dans un monde où on ne cesse de   parler de mondialisation, et une Europe dont sont issues cinq de nos six langues de travail, pourquoi une proposition si limitée ? Sur ce point, comme sur d'autres, le projet de Pierre Louette représenterait un recul, et non pas une avancée.

   Autre leurre, la Fondation qui serait à la fois chargée de lever des fonds et de garantir l'indépendance de l'AFP. Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette idée n'a guère les faveurs du ministère de la Culture. "Ce n'est pas une  tradition française", selon un conseiller de Christine Albanel et dépendre de   généreux donateurs soucieux de réduire leurs impôts ferait peser "un aléa   colossal sur le budget". Exit donc la Fondation, il ne reste plus que la Société anonyme.

   - Des projets flous à la rentabilité incertaine, sauf si... -

   Le caractère vague du catalogue de projets contenus dans le rapport doit faire réfléchir : derrière la phrase fourre-tout du "tout-multimédia", il y a en fait une volonté d'atomiser l'agence, une petite structure au centre de sociétés satellites.

   Parmi le foisonnement de projets para-journalistiques évoqués par M. Louette -citons en vrac l'"animation rédactionnelle pour compte de tiers", la renaissance de feu les "pages froides", la "collecte et diffusion des communiqués de presse", "le Corporate" service publi-reportage existant déjà à la photo et qui serait étendu au texte - quels sont ceux qui ont réellement une chance d'être bénéficiaires ?

   La construction est fragile : il ne suffit que d'un ou deux qui ne marchent pas ou qui génèrent des pertes pour que la rentabilité de l'ensemble soit fatalement compromise sauf si... chaque élément du catalogue est fabriqué par des sous-traitants, des filiales ou revendus au plus offrant.

   Comme le SNJ-CGT l'a déjà fait remarquer, le palmarès à ce jour de la direction Louette en ce qui concerne les projets para-journalistiques divers et variés est loin d'être brillant.

   L'AFP peut-elle survivre à un autre échec du style "Newzwag", dont le PDG   lui-même a reconnu, lors du CE du 20 avril, qu'il ne "marche pas très bien" ou  bien à un Citizenside bancal ? Non sauf si...

   Pierre Louette, alors second de Eveno, approuvait déjà en 2003 la "départementalisation" du service photo, tentative de privatisation du service  avortée grâce à la vigilance des organisations syndicales et notamment du SNJ-CGT.

   - Et le journalisme dans tout ça ? -

   Ce qui paraît clair, par contre, est que Pierre Louette, membre du cabinet   Balladur puis fondateur de l'agence de communication ConnectWorld, ne croit pas aux vertus du journalisme, celui qui vérifie, enquête et ne se plie pas aux   modes passagères.

   Tout est dit dans la première phrase de son rapport, "l'agence de presse, dont le fonctionnement repose sur la religion du fait, a longtemps été la pierre angulaire du marché de l'information" puis en suivant il donne le ton de son   programme en affirmant que "les conditions de la (sa) crédibilité de l’agence constituent également une contrainte".

   Le communicant Pierre Louette, et son clan, n'est pas un "inconditionnel de la "modernité" dit-il. Il feint pourtant de croire en l'idée fumeuse selon  laquelle, à l'ère de YouTube et des téléphones portables photographiques, "tout le monde peut être journaliste". Il feint de croire à une information faite   d'infos et d'images de deuxième main retrouvées sur Internet et "agrégées" par  des rédactions scotchées derrière des écrans aux mains de publicitaires.

   De même vient-il d'embaucher comme consultant - et futur dauphin ? - un homme, Frédéric Filloux, qui a fait la plus grande partie de sa carrière à ce jour dans la presse gratuite et qui connait bien l'AFP : "Je passe mon temps à dire qu'il faut qu'on supprime notre abonnement à l'AFP, c'est une charge financière colossale." (Libération, le 13 mars 2007)

    - Une "aveuglante fascination pour la modernité" au service de "think tanks" -

   Dans son document M. Louette se défend, pour la nième fois, contre l'accusation   selon laquelle il serait animé par une "aveuglante fascination pour la modernité".
   Le SNJ-CGT, qui s'honore d'être à l'origine de cette accusation scandaleuse, persiste et signe.

   Dans l'équipe Louette, aujourd'hui complétée par l'homme de la gratuité,   Frédéric Filloux, tout se passe comme si le journalisme de nos jours pouvait se réduire à une question de technologie.

   Idée qui est hélas trop courante sur les forums Internet américains fréquentés par certains de nos "penseurs AFP Mediawatch" du sixième qui n'ont comme références que des consultants prêts à tout pour répandre leurs idées sur la "mort prochaine du papier" ou "l'inéluctabilité du tout-gratuit".

   Tout le contenu du rapport Louette annonce la mort de L'AFP et la perte de ses missions.

   Loin de nous défendre contre le "tout-gratuit" cher à M. Filloux et le   "journalisme citoyen de tout le monde", notre direction cite complaisamment ces travers pour justifier son projet de casse. A qui profite le crime ?

   Au moment même où certains grands acteurs du secteur - par exemple Associated Press et Rupert Murdoch - commencent à se rebeller contre le bradage des informations de presse, M. Louette et son équipe s'avancent à contre-courant et persistent.

   Pire encore, ils veulent nous faire croire à la possibilité de récupérer les revenus perdus, sur ce qu'ils appellent les clients "traditionnels", en misant  sur un secteur où les coûts d'entrée sont quasi-nuls, où les recettes sonnantes et trébuchantes n'existent pratiquement pas et dont l'avenir est aléatoire.

   C'est l'avenir du personnel et le destin de l'agence qui sont en jeu.

   - Le statut de 1957 a bon dos -

   Le PDG affirme dans son texte que "les conditions même de sa crédibilité [celle de l'agence] constituent également des contraintes".

   Avec aplomb et la mémoire courte, il écrit que le statut de 1957 a privé   l'agence d'"une véritable capacité de développement" en prenant comme exemple   quelques ratages (info financière, vidéo internationale dans les années 90) mais en oubliant de dire que tout cela est dû aux erreurs stratégiques de ses   différents prédécesseurs. Telle la fermeture programmée dans les années 80 du   service photo, aujourd'hui bénéficiaire et sauvé à l'époque grâce à la  résistance des organisations syndicales et du personnel.

   M. Louette nous fait pourtant, plus loin dans son texte, la démonstration que le statut n'a rien empêché, bien au contraire et ce malgré des partenariats douteux
   : "Des partenariats ont été noués avec CBS (pour la couverture nord-américaine), Getty (pour le "red carpet" notamment) ou Paris-Modes (défilés de mode).
   L’Agence entend poursuivre cette logique et même l’intensifier dans des domaines tels que le sport, l’économie ou la finance, écrit-il.

   Continuant dans une sémantique qui oppose deux visions pour qualifier les   adaptations de l'AFP depuis des années, il écrit que "l'AFP a su depuis 1957   accompagner la naissance de nouvelles familles de clients…" et qu'elle "peut   revendiquer une tradition (?) d'adaptation".

   Zorro-Louette est arrivé. Se positionnant en homme providentiel qui va sauver l'agence d'une tradition archaïque, il se pose la question : "comment donner à l’Agence France-Presse les moyens de relever des défis sans équivalent depuis sa création ?" Réduisant les propos de Jean Marin sous les termes de "jolie expression" et de "Statut de la liberté" pour mieux le qualifier ensuite de "statut du statu quo", il fait mine de se mettre lui-même en position dynamique face au statut qui ne donne "aucune chance de se réinventer", de "se  développer", de "bousculer les évidences". Tout cela, naturellement sans aucune "fascination pour la modernité" face à la "fatalité" à "rester tel qu'on est".

   Page 2, il nous donne en exemple Reuters et ses 22 000 salariés en oubliant que l'agence de presse britannique a depuis été vendue et revendue avec de multiples licenciements au passage !

   Page 10, il défend et affirme l'idée de "thématiques porteuses", et affirme que "La prise en compte des nouvelles thématiques les plus prisées par les lecteurs, spectateurs, auditeurs et internautes (environnement, nouvelles technologies, santé, vie pratique) doit être renforcée".

   Sur quelles études se base-t-il et selon quels critères ? Aucune référence ni rappel ne sont signalés à l'issue de ce paragraphe.

   - L'indépendance jusqu'où ? -

   Au delà du coeur de métier et de la mission d'intérêt général (fondation et  francophonie) qu'il subordonne à un engagement de l'Etat, le PDG justifie la   création de filiales-gadget, la participation ou l'association avec des sociétés de ventes de contenus tout multimédias.

   Sans peur de la contradiction et après avoir parlé au début de son rapport   d'"indépendance rédactionnelle", il annonce page 14 les services aux entreprises (corporate) comme "la collecte et diffusion à travers le monde de documents de communication d'entreprises (photo et vidéo)" en "tirant parti des productions existantes, du réseau de journalistes, photographes et vidéastes déjà en place pour les développer". Indépendance jusqu'où ?

   Et avant une déclaration de bonnes intentions qui ne mange pas de pain et   soulignée en gras, "la plus belle des libertés, celle de se forger une opinion", il dévoile ses intentions en disant vouloir s'appuyer sur d'autres concours, hors celui de l'Etat (sans doute pour satisfaire aux désirs du prince) pour que "la dimension économique des (de ses) projets de l'agence trouve des soutiens économiques".

   Selon lui, "dans une période de crise (..) le modèle stratégique doit être   repensé, adapté pour être enrichi : une nouvelle stratégie doit permettre à   l'agence de répondre au bouleversement du modèle d'affaires de ses clients   traditionnels et au même moment de tirer parti de l'avènement de nouveaux   modèles numériques". Peut-être. Mais cela justifie-t-il la casse du statut alors que depuis des mois les Etats se réengagent et réinjectent des capitaux dans les banques, les entreprises automobiles et autres secteurs en difficulté?

   - Nouveaux locaux rue Vivienne : le "coeur" de l'agence ? -

   Lors du Comité d'entreprise du 20 avril, Pierre Louette nous a également causé "locaux", avec un beau document à la clé pour montrer comme la future rédaction en chef "tous-métiers, tout multimédia et tout à l'avenant" pouvait être mise en place sans nous déménager, du moins la plupart d'entre nous, de notre siège historique.

   Il propose d'installer son nouveau joujou hi-tech non pas dans l'immeuble du siège, mais dans des "plateaux" excentrés, rue Vivienne. Bref, sous prétexte de tout centraliser, on décentralise, mais de l'autre côté de la rue. Les services techniques et administratifs, et également la majeure partie des services de   production journalistiques, resteraient place de la Bourse.

   Lors d'une consultation du Comité sur ce projet saugrenu, présentée comme un vote uniquement sur le principe de louer des nouveaux locaux et non pas sur la  finalité de ces locaux, le SNJ-CGT s'est abstenu.

   M. Louette a tenté de présenter ce projet bizarre comme une bonne nouvelle : on ne quitterait pas le quartier de la Bourse. Mais il y aurait bel et bien une coupure, qui pourrait non seulement poser des problèmes insolubles sur le plan  organisationnel mais également présager des décentralisations, voire des   externalisations, encore plus sinistres à l'avenir!


   Le SNJ-CGT appelle le personnel à refuser ces funestes projets : il faut stopper le plan Louette-Sarkozy et empêcher la casse de l'Agence France Presse.
   Aujourd'hui, c'est l'avenir du personnel et le destin de l'agence qui sont en jeu.

   Le personnel doit exprimer de manière claire et nette sa défiance à l'égard dece projet, et s'engager dans des actions fortes au cours des jours et des   semaines à venir.

   SNJ-CGT-AFP, le 9 juin 2009

- Le COM-2, principaux points

Par SUD-AFP :: 26/01/2009 à 22:36 :: Général

Le COM-2 : principaux points

 

Communiqué-COM
   Communiqué des représentants du personnel au Conseil d'administration de l'AFP
  
   PARIS, 26 jan 2009 (AFP) - Le COM (Contrat d'Objectifs et de Moyens) signé entre l'AFP et l'Etat fin décembre a été remis aux administrateurs. Ce texte détaille les droits et engagements réciproques de l'Agence et de l'Etat pour les cinq ans à venir, c'est à dire la période 2009-2013.
   En voici les principaux points:

 

                         ENGAGEMENTS DE L'ETAT
                         ---------------------
   - L'Etat, comme prévu, s'engage à augmenter de 1,8% par an le montant annuel versé à l'AFP au titre de ses abonnements, "avec un réexamen du taux d'indexation en cas de forte inflation".
   D'autre part, l'Etat versera à l'Agence une somme 4 Millions d'Euros par an pendant cinq ans (soit 20 M Euros) pour contribuer au financement du projet 4XML (passage au multimédia). Cette contribution représente 2/3 du financement du projet. Le reste est à la charge de l'Agence.

 


                          ENGAGEMENTS DE L'AFP
                          --------------------
   - En contrepartie, l'AFP s'engage sur plusieurs points importants:
   . Augmentation des recettes commerciales
   . Croissance du multimédia et de la vidéo
   . Création d'un portail d'information en partenariat avec la PQR
   . Maîtrise des charges "en particulier celles liées au personnel"
   . Redéploiement des effectifs "au service des priorités"
   . Réflexion sur "une réforme profonde" du Statut de 1957

 


   * Recettes commerciales:
   Le projet repose sur une prévision de croissance des recettes commerciales (hors convention d'Etat) de 4,7% par an en moyenne sur la période.
   Cette progression, combinée avec l'augmentation des abonnements d'Etat, devrait permettre, selon le COM, une amélioration annuelle moyenne de 12% de la marge d'exploitation.

 

   (Note des élus: Ce texte ayant été négocié en grande partie avant l'éclatement de la crise financière mondiale, il est clair que ces objectifs apparaissent aujourd'hui impossibles à atteindre, sauf à imaginer un retournement rapide et spectaculaire de la conjoncture.)

 


   * Multimédia et vidéo
   Pour faire progresser son chiffre d'affaires, le COM enjoint à l'AFP de poursuivre le développement de ses produits multimédia. "L'AFP renforcera progressivement les moyens mis à la disposition du journal internet" indique le texte: "A terme, c'est l'ensemble des desks de l'AFP qui doit se transformer en desks multimédia. Des partenariats de traduction seront noués".
   Au passage, le COM souligne que si le déploiement technique du nouveau système s'avérait impossible dans les locaux actuels, "il faudrait envisager soit la modification substantielle du bâtiment, soit un départ vers un bâtiment plus moderne".
   Enfin, le COM affirme que "l'Agence continuera à étendre son réseau de journalistes vidéo à l'étranger en procédant par redéploiements de postes".

 


   * Partenariat avec la PQR
   L'AFP s'engage à proposer à la PQR "de développer un grand portail d'information en langue française fédérant les efforts de la PQR pour l'information locale et régionale, et de l'AFP pour l'information nationale et internationale".
   Un projet équivalent, avec la PQR, sera également proposé en téléphonie mobile.
   Le COM prévoit notamment que l'AFP:
   - permettra à la PQR d'exploiter ses archives texte
   - mettra à disposition de la PQR les produits développés par sa filiale Newzwag
   - continuera à proposer en marque blanche la plateforme Citizenside permettant à la PQR d'accueillir les contenus photo et vidéo du grand public.

 


   * Maîtrise des charges
   L'AFP s'engage à un "effort de maîtrise des charges - et en particulier de celles liées au personnel", dit le COM.
   Deux types d'"efforts" sont suggérés:
   - Utiliser le jeu des départs naturels pour permettre une diminution des effectifs (aucun chiffre n'est cité dans le COM).
   - "La recherche de poches d'économie, du côté de services non stratégiques et non rentables".

 

   (Note des élus: Si le COM précédent se plaçait dans une logique de retour à l'équilibre des comptes, le nouveau COM se place clairement dans une logique de recherche de la rentabilité. L'AFP s'y engage à mettre en place des outils de comptabilité analytique, et on lit dans l'introduction: "Le présent contrat devra principalement permettre le retour de l'Agence vers les conditions d'une rentabilité lui permettant d'assurer ses missions...")

 


   * Redéploiements des effectifs
   L'AFP s'engage à redéployer 10% de ses effectifs journalistes sur la période du COM, au profit "de ses priorités thématiques, linguistiques, régionales et des nouveaux produits".
   L'Agence prévoit une multiplication des missions ponctuelles d'envoyés spéciaux, pour être plus réactive à l'actualité. Ce qui implique, souligne le COM, "d'alléger, voire de démonter (...) les implantations qui ne correspondraient plus aux exigences immédiates de l'information".
   "La rédaction doit accepter d'envisager des transferts de la France vers l'étranger", indique le COM, qui enjoint à l'AFP "un rééquilibrage linguistique en donnant une plus grande place à l'Anglais".

 

   (Note des élus: On peut s'interroger sur la compatibilité de "l'allègement, voire du démontage" des bureaux non rentables avec le passage de l'article 2 du Statut de 1957 qui stipule que "L’Agence France-Presse doit, dans toute la mesure de ses ressources, assurer l’existence d’un réseau d’établissements lui conférant le caractère d’un organisme d’information à rayonnement mondial".)

 


   * Réforme du Statut
   Le COM place en toutes lettres dans les engagements de l'Agence la "réflexion" sur l'évolution du Statut. Outre ce que le Pdg a appelé "le toilettage", c'est à dire la mise à jour de points non structurels, l'AFP est appelée à trouver une structure permettant l'arrivée d'un "actionnaire stable".
   Le nouveau Statut serait entériné par le vote d'une loi par le parlement.
   Le COM souligne longuement que cette réforme ne peut se faire que dans le respect de l'indépendance éditoriale et de l'actuel article 2 du Statut.
   Cela posé, le COM indique que l'Agence devra étudier "les avantages et les inconvénients d'une évolution vers un statut de société, qui pourrait, le cas échéant, permettre une participation des salariés au capital de l'entreprise".
   La direction de l'Agence est appelée à remettre un projet au 31 mars 2009 au plus tard.

 

   (Note des élus: Le texte, signé pas trois ministres et par notre Pdg, ne précise pas ce qu'il adviendra de ce COM entre l'Agence et l'Etat si le statut de l'Agence est radicalement modifié).

 


   Les élus du personnel au Conseil d'Administration:
   Christophe BEAUDUFE (élu journaliste)
   Bernard DUCAMP (élu non journaliste)

- CA du 12 déc. 2008, avec réélection de Louette

Par SUD-AFP :: 12/12/2008 à 19:02 :: Général

Compre rendu des élus, puis note de la direction et déclaration Louette

 

Note

PARIS, 12/12/2008 - 1738 -

      Compte rendu du Conseil d'administration du 12 décembre

 

                              Le Pdg réélu
                              ------------
   Chargé de proposer une "réflexion sur l'évolution du statut"


   Le Conseil d'administration de l'AFP réuni vendredi a réélu Pierre Louette au poste de Pdg pour un mandat de trois ans, par 12 voix sur 12 suffrages exprimés, et deux abstentions, celles des représentants du personnel.
   Le président réélu s'est ensuite exprimé sur le budget 2009, sur le COM 2009-2013, puis sur la mission qui lui est confiée, de réfléchir à "une modernisation du statut de l'Agence".

 

                            - Budget 2009 -
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   Selon l'estimé 2008, le résultat net sera une nouvelle fois positif, aux environs de 3,4 millions d'Euros, dont 2,7 M d'Euros dus à un effet de change positif. La marge est en amélioration de 0,8 M par rapport au budget 2008.
   Pour 2009, le budget reste relativement optimiste, malgré la crise.
   Le chiffre d'affaires prévu est en évolution de 1,5%. Mais, hors convention d'Etat et hors événement spéciaux, la performance commerciale attendue progresse de 3,3%.
   Interrogé par les administrateurs sur l'impact de la crise, le Pdg a expliqué que l'élaboration du budget avait été faite à la fin de l'été, avant le déclenchement de la crise. Depuis, 1,15 M d'Euros de contrats prévus sur 2009 ont déjà été perdus. Le chiffre d'affaires "à risques" est estimé à 4,260 millions d'Euros. "Toutefois, au moins 60% de ce montant devrait être conservé", selon un document de la direction remis aux administrateurs.
   Le budget 2009 prend en compte la part de l'Etat pour le financement du plan 4XML (voir ci-dessous), soit 4 millions par an pendant les 5 années du COM. Le reste sera autofinancé par l'AFP à hauteur de 2 millions par an.
   A l'adresse des représentants de la presse, Jean-Pierre Vignolle, directeur général de l'Agence, a déclaré par ailleurs: "Nous sommes très sensibles aux difficultés de la presse écrite en France. Nous ferons le maximum pour adapter nos services aux besoins de la presse écrite. Il est temps d'engager une réflexion sur la façon dont le service de l'Agence pourrait être reformaté".

 

             - Le COM (Contrat d'objectifs et de moyens) -
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   Le COM 2009-2013 n'est toujours pas signé, mais la signature n'est plus qu'une question "d'emploi du temps de la ministre" de la Culture, Christine Albanel, a précisé la représentante du ministère.
   Le COM prévoira une croissance moyenne des recettes commerciales de 4,7% par an pendant cinq ans, bien que la croissance prévue par le budget 2009 ne soit que de 3,3%.
   Le Pdg s'est engagé à réduire la progression des charges d'exploitation à moins de 3% par an, notamment en poursuivant la maîtrise de la masse salariale, et par le biais de départs non remplacés.
   "On s'attachera aussi à examiner des services qui ne seraient ni stratégiques, ni rentables", a déclaré Pierre Louette, qui a également insisté sur la nécessité de poursuivre et d'accélérer les redéploiements de personnel.
   Pour lui, il est important que l'AFP continue à "produire de la marge" pour financer ses investissements et ses remboursements. La marge estimée en 2008 est égale à 19,1 millions, et l'Agence doit continuer à dégager une marge équivalente dans les années suivantes.
   Sur les deux dernières années du COM (2012-2013), la direction attend même un retour sur investissement (du plan 4XML) qui porterait la marge aux alentours de 27 millions d'Euros annuels.
   Selon le Pdg, la contribution de l'Etat au financement de l'AFP se montera à 580 millions d'Euros sur cinq ans, tout confondu.

 

                    - La "modernisation" du statut -
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   Les pouvoirs publics ont remis au Pdg une lettre de mission, lui enjoignant de réfléchir à une modernisation du statut et de la gouvernance de l'Agence, d'ici à la fin du premier trimestre.
   Le but est de trouver un mode de financement pérenne.
   M. Louette s'est engagé à mener cette réflexion, et à rechercher une solution qui "continue de garantir, conformément à l'article 2 de l'actuel statut, une totale indépendance éditoriale".
   Les représentants du personnel ont rappelé l'attachement à l'esprit du statut de 1957, et souligné l'inquiétude grandissante des personnels sur cette question. Ils ont souligné que l'idée d'une réforme du statut de 1957 suscite l'hostilité d'une partie des personnels, et l'inquiétude et le scepticisme de beaucoup. Ils ont notamment mis en avant les risques liés au passage devant l'Assemblée nationale.
   Interrogé sur la forme juridique que pourrait prendre la future AFP, le Pdg a évoqué l'idée d'une fondation "dans laquelle viendrait se loger l'indépendance de l'Agence". Cette fondation, selon lui, pourrait chapeauter l'AFP, transformée "en société avec un ou des actionnaires, stables, publics ou para-publics". Il a évoqué l'hypothèse d'une transformation en société anonyme, tout en précisant que plusieurs formes juridiques étaient encore à l'étude.


   Les représentants du personnel
   Bernard DUCAMP
   Christophe BEAUDUFE


 

Note-Direction
   Le Conseil d'Administration a approuvé le budget 2009 de l'AFP

 

PARIS, 12/12/2008 - 1856 - Le budget 2009 de l'Agence France-Presse a été adopté vendredi par le Conseil d'Administration. Il anticipe un résultat net consolidé positif pour 2009 de l'ordre de 1,4 million d'euros.

   Le chiffre d'affaires (hors Convention d'Etat) est prévu en progression de 3,3%. Les recettes de la Convention d'Etat sont prévues en augmentation de 1,8%, conformément au COM en cours de finalisation avec l'Etat.

   En termes de lignes de produits, les progressions les plus importantes sont attendues sur les services multimédia: vidéo et Journal Internet, avec 17% de croissance, et photo, avec 5% de croissance. Le service général (toutes langues) est prévu en croissance modérée (2%).

   Par zone géographique, les marchés les plus dynamiques sont le Moyen-Orient (+8,5%), l'Amérique du Nord (+8%), l'Amérique Latine (+7,2%) et l'Asie (hors Jiji) (+6,3%). La croissance en Europe, qui constitue la région la plus importante en termes de CA, est prévue à 3,6%. La France, hors recettes de la Convention d'Etat, est prévue en croissance modérée (+1,4%).

   Les charges sont prévues en augmentation de 2,1 % (dont 3,2 % pour l'ensemble des frais de personnel).

   Pour 2008, l'AFP devrait afficher un résultat net consolidé de l'ordre de 3,5 millions d'euros, meilleur qu'anticipé au niveau du budget, mais la différence provient pour une large part de taux de change plus favorables que prévu.

   Le Conseil a par ailleurs pris connaissance et approuvé le projet de Contrat d'Objectifs et de Moyens 2009-2013.
   Il a aussi été informé d'un projet de lettre de mission mandatant le président pour engager une réflexion sur le statut de l'AFP. Cette réflexion doit déboucher sur des propositions avant la fin du premier trimestre 2009. L'objectif est d'assurer la pérennité du financement de l'AFP, tout en garantissant son indépendance absolue sur le plan éditorial.

   La Direction

 

Déclaration de Louette après sa réélection

 

Alors que le CA vient de m’élire pour un second mandat à la présidence de l’Agence, je voudrais partager avec vous tous un sentiment de responsabilité devant la tâche qu’il nous revient d’accomplir ensemble, pour préparer l’avenir.

Un premier mandat de 3 ans a permis d’engager résolument l’AFP, avec l’équipe de direction que j’ai constituée et avec le soutien constant du personnel, sur la voie du redressement et de la modernisation.

Notre travail de couverture s’est poursuivi, sur tous les continents, au plus près des évènements de toute nature, guerres, crises économiques, faits divers et faits sociaux, Jeux Olympiques, élections américaines tout récemment, avec le souci permanent de l’exactitude, de l’objectivité et dans une indépendance rédactionnelle qui ne peut être contestée.

En texte, photo, infographie, vidéo et multimédia, en six langues, dans le monde entier et quels qu’en soient les risques, la qualité de nos couvertures est toujours plus reconnue, alors que prolifèrent les « sources » et les opinions plus ou moins fiables, sur tous les supports de la communication électronique.

Les comptes ont été assainis : dans un contexte économique et de taux de changes favorable, la marge d’exploitation a doublé depuis 2004 ; l’AFP affichera en fin d’année 2008 pour la troisième année consécutive un résultat net positif et le budget 2009 permet d’espérer une poursuite de cette tendance, même si la crise mondiale peut nous réserver quelques mauvaises surprises.

Des cessions d’actifs non-stratégiques et souvent déficitaires ont été pratiquées, dégageant plus de 20 millions d’euros de produits, la trésorerie est aujourd’hui reconstituée.

Des programmes structurants, de nature à améliorer la gestion de l’Agence et à faciliter son pilotage, ont été mis en œuvre dans le domaine commercial et dans celui des ressources humaines.

Une nouvelle stratégie de développement et de diversification de l’offre commerciale a été définie, dès janvier 2006.

Fidèle au rôle assigné à l’AFP par la puissance publique dans les années de l’après-guerre, conforme à la vocation « business to business » de l’Agence, cette stratégie consiste à accompagner les quelque 5000 clients de l’AFP à travers le monde dans la révolution numérique.

A cette fin, l’Agence, tout en s’appuyant sur le socle solide du service général, continue à investir dans les langues et régions de croissance, l’anglais et l’arabe, l’Europe et le Moyen-Orient, et à développer, dans un monde qui a un goût toujours plus grand pour l’Internet et les images, la photo (près de 40 millions d’euros de CA 2008) et les produits multimédia (25% de croissance en 2007 et 2008).

Enfin, grande nouveauté à l’Agence, et parce que l’image animée est évidemment devenue une nécessité, les années 2006-2008 ont vu le développement de la vidéo AFP dans le monde : triplement du chiffre d’affaires en 2 ans et business plan respecté.

Augmentant son chiffre d’affaires à l’étranger, l’Agence n’a pas pour autant négligé ses clients français, leur proposant notamment depuis juin 2007, en complément de ses services traditionnels, de nouvelles offres en syndication : offre commune SPORT, plate-forme vidéo commune avec Kewego, plateforme de collecte d’images d’amateurs et de lecteurs via CitizenSide.

Du côté des charges, la maîtrise des effectifs et des charges de personnel dans une maison de matière grise a été rendue possible par une gestion rigoureuse, mais aussi par la signature d’un « plan de renouvellement des compétences » dans le domaine technique.

Les dernières semaines ont été consacrées à l’achèvement de la négociation d’un Contrat d’Objectifs et de Moyens pour la période 2009-2013, qui permettra d’approfondir la stratégie rappelée ci-dessus - et aussi son développement le plus récent, le lancement d’offres de services d’information à forte composante technologique.

Avec ce COM s’engage une réflexion approfondie sur le statut de l’AFP à laquelle nous invite la puissance publique. Toute évolution statutaire se fera dans l’absolu respect de l’indépendance éditoriale et intellectuelle de l’Agence et de ses journalistes. Je m’en porte personnellement garant. Toutes les précautions juridiques seront prises pour préserver ainsi les attributs essentiels de notre marque. Mieux financée, l’Agence ne manquera plus les grands rendez-vous du développement de ses activités.

L’Agence a entrepris sa mue, sans crise sociale ni heurt. Il s’agit désormais de poursuivre sa mission en accélérant le travail de modernisation engagé, notamment par la transformation de l’appareil de production et de diffusion des services : c’est là tout le sens du programme dit « 4XML », dont la conception, l’écriture et le déploiement devraient occuper les 5 années du COM, voire un peu plus.

On ne s’affirme pas « Agence tout multimédia » sans modifier des habitudes et dispositifs parfois très anciens. Le renouvellement informatique n’ira pas sans réorganisation du travail, redéploiements, efforts de formation. Ces mutations ne sont pas seulement nécessaires, elles sont indispensables. Je pense à ceux qui ont devant eux de nombreuses années de travail à l’AFP, comme à ceux qui voient la fin de leur carrière approcher, et je compte sur chacun, dans son domaine, pour être un acteur du changement.

Au moment où il faut relever ces défis, alors que la puissance publique a confirmé son appui à l’AFP en lui accordant en plus des abonnements annuels un financement exceptionnel de 20 millions d’euros, je suis fier et heureux de poursuivre avec vous l’action engagée, pour l’Agence et pour lui garantir la place qu’elle mérite au service de ses clients : une place de premier plan dans le futur des médias et des démocraties.


Pierre Louette
12 décembre 2008

 

- Statut de l'AFP : communiqué SNJ-CGT

Par SUD-AFP :: 29/10/2008 à 17:40 :: Général

Statut : Il faut sauver le soldat AFP !


Par la voix de l'un de ses représentants au Conseil d'administration, l'Etat a "annoncé" que les jeux sont faits pour l'AFP. Le PDG est "mandaté" pour proposer un changement de statut qui doit notamment "doter l'Agence d'un actionnariat stable" et "conforter son rayonnement international et européen".

Dans le même temps, le retard d'un an dans la conclusion d'un nouveau contrat avec l'Etat - le fameux "COM" - nous prive pour la première fois en presque 20 ans de l'augmentation conventionnelle des abonnements qui assurent encore 41% de notre chiffre d'affaires. Soit, sur la base des chiffres de 2007 et de la hausse annuelle de 1,5% prévue par l'ancien contrat, un manque à gagner d'au moins 1,6 millions d'euros, alors que l'inflation a atteint 3,5% en 2008.

En clair, l'année en cours se solde déjà par une régression importante. Quant à 2009, le budget risque d'être dépassé par la chute de l'euro, les désabonnements, la récession, etc.

Il faudrait faire preuve d'un angélisme excessif pour croire qu'une telle situation ne soit due qu'à des facteurs techniques, et non pas à un désir de nous "punir". Voilà ce qui arrive, dans la France d'aujourd'hui, lorsque les journalistes ne sont pas assez prompts à rentrer dans le rang et à publier in extenso chaque communiqué du parti au pouvoir !

Paranoïa syndicale ? Comment oublier qu'au cours de l'année passée l'AFP a fait l'objet d'attaques sans précédent de la part du même pouvoir qui annonce aujourd'hui vouloir nous "moderniser" en cassant le statut qui assure notre indépendance - en tant qu'entreprise ni publique ni privée - depuis un demi siècle. La récente décision de l'UMP de se désabonner de l'AFP ne fait que confirmer cette situation ubuesque.

On ne peut pas non plus faire abstraction du contexte général. L'avenir de la presse écrite française se décide lors d'Etats-Généraux, qui ont été convoqués en "oubliant" d'inviter le Tiers-Etat, et la crise financière apporte chaque jour son lot d'annonces de sauvetage de grandes banques privées en "oubliant" les salariés.

Quant à la télévision publique, elle est face aux pires menaces en l'absence de recettes suffisantes pour compenser l'abolition de la publicité, avec en prime la perspective de voir son PDG nommé directement par l'Elysée.

Si le pouvoir parvient à renforcer les grands groupes privés grâce à des concentrations contraires aux principes du pluralisme, quel sort réservera-t-il à l'AFP ? Quelle que soit l'hypothèse que l'on retienne, la casse de notre statut représenterait une menace de mort pour notre agence.

Une crédibilité menacée?


Une modification de notre statut qui aboutirait à l'arrivée d'un grand actionnaire étatique - la Caisse des Dépôts, ou le futur "fonds souverain" appelé de ses voeux par le chef de l'Etat - ne risquerait-elle pas de faire ressurgir l'image d'une agence d'Etat ? Sans oublier qu'à l'instar de ce qui est prévu pour France Télévision, l'Elysée peut se mettre en tête de nommer directement notre PDG !

La crédibilité d'une entreprise médiatique se construit sur des années et peut être démolie en quelques mois. Il serait en effet catastrophique que l'AFP, dont le statut actuel est garanti par une loi du Parlement, autrement dit par le peuple français, soit perçue à l'avenir comme une officine du pouvoir éxecutif.

Non seulement il en serait fini de notre indépendance, mais des concurrents - à l'étranger et peut-être en France - ne tarderaient pas à tirer avantage de la situation. Dans de telles circonstances une réduction du périmètre de l'AFP risquerait de se traduire par un cercle vicieux : toujours moins de rayonnement, et toujours plus de contrôle étatique...

 

Agence France Privée ?


La perspective de voir arriver un ou plusieurs actionnaires ouvrirait bien évidemment la porte à une privatisation de l'AFP, issue souhaitée de manière explicite par le parlementaire UMP Claude Goasguen en mai dernier. (M. Goasguen a alors traité l'AFP d'"agence d'état", ce qui paraissait quelque peu contradictoire avec les déclarations d'un autre dirigeant UMP, Frédéric Lefèvre, qui nous reprochait de ne pas publier les communiqués de son parti. Mais passons).

Dans un tel scénario l'agence serait transformée en société par actions vendue au plus offrant, ou plutôt à l'un de ces groupes médiatico-industriels dont les dirigeants se comptent parmi les "amis" de l'actuel chef de l'Etat. Il en serait fini de notre statut, et notamment de son Article deux, car l'AFP serait bel et bien tombée sous le contrôle, de droit et de fait "d'un groupement idéologique, politique ou économique."

On peut deviner les effets d'une telle privatisation pour les salariés. Un probable plan social, avec le départ des collaborateurs les plus anciens et donc les mieux payés, se traduirait par une aggravation encore plus forte des conditions de travail des plus jeunes, qui d'ailleurs sont d'ores et déjà soumis à des CDD à répétition intolérables et à une polyvalence accrue.

Quant à l'idée d'un "intéressement des salariés" par le biais de l'actionnariat : c'est de la poudre aux yeux. Pour nous, rien ne remplace un statut CDI avec un salaire et des conditions de travail conformes au droit du travail. Si la Direction souhaite accorder aux journalistes un élément de revenu indexé sur les résultats de l'entreprise, elle n'a qu'à reconnaître les droits d'auteur, déjà prévus par la loi !

AFP SA ?


Le statut actuel de l'agence présente au moins deux énormes avantages. Le premier est d'être inscrit dans une loi du Parlement. Le deuxième est de garantir que ni l'Etat ni des groupes privés ne puissent prendre le contrôle, "de droit ou de fait" de l'Agence.

Or, lorsque les pouvoirs publics parlent de nous doter d'un nouveau statut, on peut être certain que celui-ci ne sera plus inscrit dans une loi. Soucieux de se conformer aux préceptes du "tout privé" prônés par l'Union européenne, ils souhaiteraient voir une AFP banalisée, transformée en société anonyme. Dès lors, rien ne nous garantirait contre une privatisation qui pourrait même s'accompagner d'un éclatement en plusieurs entités.

Rappelons-nous le sort de Gaz de France, dont un certain ministre de l'Economie avait juré qu'il ne serait jamais vendu au privé...

Pas touche à notre statut !


A ceux qui prétendent qu'une modification de la loi de 1957 serait essentielle pour assurer la rentabilité de l'AFP à l'avenir, nous opposons la déclaration suivante :

"Dès mon arrivée, j'ai précisé que je n'avais pas vocation à réformer les statuts de l'agence. Cela ne fait pas partie de mes préoccupations. Je note juste que les statuts de l'AFP n'ont pas empêché l'agence de vendre ses produits à l'international et à être probablement la première agence généraliste en Asie et au Moyen-Orient. En outre ces statuts sont sévères sur l'éthique et la déontologie journalistique, des valeurs plus que jamais indispensables dans le monde actuel de l'information de masse."

Il s'agit d'une déclaration de Pierre Louette dans Le Figaro le 19 juin 2006.

Rien en effet dans notre statut n'empêche l'agence de prospérer. Nos problèmes découlent du refus des principales parties prenantes de lui donner les moyens de vivre. A côté des milliards d'euros débloqués actuellement pour sauver certaines grandes entreprises financières, l'argent nécessaire pour permettre à l'AFP de sortir de sa crise est presque dérisoire.

Modernisation contre archaïsme ?


Que les promoteurs de la casse de notre statut la présentent comme une "modernisation" est un signe non pas de la force mais de la faiblesse de leurs idées. Nous n'avons qu'à regarder autour de nous en ce moment pour voir à quel point des idées présentées en leur temps comme "modernes" peuvent en fait mener tout droit à la catastrophe.

La politique pratiquée depuis quelques temps par la Direction de l'AFP illustre, par exemple, certains des pièges d'un discours irréfléchi en ce qui concerne la "révolution numérique".

Est-ce "moderne" de suivre aveuglément la dernière mode en lançant à grands frais et par le biais d'une filiale américaine des jeux exotiques et coûteux sur un site web dont la rentabilité est parfaitement illusoire ? (Projet "Newzwag/Facebook").

Est-ce vraiment "moderne" de sortir de notre métier de base pour "aller vers l'utilisateur final" sur Internet en misant sur des revenus publicitaires qui non seulement sont minuscules, mais qui mettent à mal notre indépendance et notre déontologie ?

Enfin, est-ce "moderne" d'envisager une réduction des effectifs et une compression des coûts salariaux précisément au moment où on cherche à transformer une activité qui, à cause des spécificités de la collecte et du traitement de l'information, nécessite une forte intervention humaine ? Rappelons que la philosophie même du COM est la marge pour mieux enfermer l'agence dans des considérations comptables.

En ce qui concerne un prétendu archaïsme syndical - argument qu'on voit hélas développé même par certains de nos camarades syndicalistes - permettez-nous d'en douter.

A nos yeux il n'y a rien de plus moderne que de défendre les salariés et l'avenir de son entreprise !

Défense du statut, défense des salariés


Le combat pour sauver l'AFP ne fait que commencer.

Au cours des jours à venir le SNJ-CGT se concertera avec les autres syndicats afin de mener des actions non seulement en interne mais également à l'extérieur.

Il faut sauver le soldat AFP !


SNJ-CGT-AFP, le mercredi 29 octobre 2008.
Courriel : contact@snj-cgt-afp.org
Rappel : Assemblée générale du personnel demain jeudi, à l'issu du CE extraordinaire. 

- Statut de l'AFP : position de la CGC

Par SUD-AFP :: 29/10/2008 à 17:39 :: Général

CFE-CGC

Combattons nos véritables ennemies - défendons nos vraies valeurs

28/10/2008

 

La CFE-CGC ne s'est pas associée à "l'Intersyndicale" proclamée par un certain nombre de syndicats en réaction au CE et CA de jeudi dernier. Après avoir été "solidaires" malgré parfois de sérieux réserves, nous avons décidés de tracer notre propre route, en invitant tout ceux qui partagent nos idées de nous rejoindre dans une démarche innovante et décomplexée.
1. - Nous regrettons que certains syndicats s'obstinent à pratiquer des méthodes que nous crussions au moins depuis la chute du mur de Berlin rangées définitivement dans la grande malle de l'histoire. Pour la CFE-CGC, syndicat indépendant et responsable, la solidarité syndicale a quand même ses limites et il n'est pas dans nos habitudes de suivre bêtement la pensée unique.
2. - Vouloir sanctuariser le Statut de 1957 revient à notre avis à créer une "Ligne Maginot" dont la défense est inutile et suicidaire. N'oublions pas que le véritable ennemie de l'AFP depuis plus de 15 ans est son propre conseil d'administration. Sous la pression des administrateurs de la PQN et PQR il a systématiquement failli à sa mission, c'est-à-dire de mettre en oeuvre les objectifs de l'Agence définis dans le statut.(1)
3. - C'est donc la faillite du CA qui a rendu le Statut obsolète et la réforme incontournable. Dans ce processus, engagé officiellement depuis le CA de jeudi, l'action syndicale devrait donc se concentrer sur la défense des valeurs que nous jugeons fondamentales: maintien de la mission et de l'indépendance de l'Agence et de sa rédaction, forte représentation du personnel dans les futures instances de la nouvelle agence, création de "gardes fou" solides et efficaces pour pouvoir empêcher tout dérapage.
4. - Soyons réalistes et acceptons l'idée (oh combien douloureuse) que malgré son statut particulier et unique, l'AFP n'est pas une planète à part et complètement déconnectée du monde extérieur. Dans le débat et les négociations qui s'ouvrent, aucune question ne devrait rester taboue. Y compris celle de l'évolution des métiers, d'un déménagement dans des locaux mieux adaptés et plus écologiques (norme HQE !), voire même des effectifs.
En tout état de cause, la mise en oeuvre de la réforme doit être accompagnée de l'ouverture d'une "clause de conscience" (puisque juridiquement il ne peut pas s'agir d'une "cession") permettant à chaque collaborateur qui le souhaite d'adhérer ou non à la nouvelle organisation qui conditionnera l'approche éditoriale.
5. - La CFE-CGC estime que seule une AFP réformée de fond en comble, dotée d'une forme juridique appropriée, d'un financement pérenne et d'une gouvernance irréprochable, avec un conseil d'administration dont les membres remplissent pleinement leur mandat et une équipe dirigeante responsable devant le personnel et le CA, pourra retrouver le chemin du développement et de la croissance.
6. - La défense de nos valeurs de journalistes (2) sera la meilleure contribution à la renaissance de l'Agence. Mais pour être forts et crédibles dans ce combat, nous aurions besoin d'un soutien franc et massif de la part de vous, collaborateurs et collaboratrices de l'Agence.
La réforme en cours concerne chacun et chacune d'entre vous. Elle est aussi un magnifique défi pour les jeunes collaborateurs et collaboratrices, pour prendre leur destin en main. Et une occasion peut-être unique pour lancer le renouveau syndicale à l'Agence en adhérant massivement à l'organisation de votre choix. Le pluralisme, ingrédient indispensable d'une presse libre et démocratique, passe aussi par là.

CFE-CGC (SPC et SNAREP AFP)
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(1) Plus de détails dans l'excellent manuel de l'Institut français des administrateurs (IFA) "La Gouvernance des associations et fondations" (Editions d'Organisation - Eyrolles)
(2) Relire de temps en temps la "Charte de Munich" !

fw

- CA du 16 avril 2008

Par SUD-AFP :: 16/04/2008 à 19:15 :: Général

Réaction du PDG à l'avis de la HALDE au dernier para !

 

 

Note
   Compte rendu du Conseil d'administration du 16/04/08

PARIS, 16/04/2008 - 1904 -

              Le Pdg se félicite des "bons résultats" 2007
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   Le Pdg de l'AFP Pierre Louette a présenté mercredi au Conseil d'administration le bilan comptable de l'année 2007, soulignant "un résultat net largement positif, de 6,1 millions d'Euros à taux de change comparable et à périmètre constant", contre 3,7 millions d'Euros en 2006.
   Il a rappelé que le résultat net en 2002 était négatif (-20 millions), et qu'il s'était amélioré chaque année depuis.
   Le chiffre d'affaires de l'Agence s'établit à 262,7 millions (+3,6% à périmètre hors AFX), face à des dépenses de 243,7 millions, soit une marge d'exploitation de 19 millions (+37,7%). Hors frais de départ, cette marge atteint 21,4 millions (+21,6%).
   Le chiffre d'affaires du service général a progressé de 3,3% (+2,5 millions), la photo de 7,4% (2,5 millions) et le multimédia de 26,1% (+2,9 millions), dont 100% pour la vidéo (+1,4 million).
   Le Pdg a cependant souligné que ces résultats étaient le fruit "d'une année singulièrement bonne", où de nombreux facteurs positifs se sont conjugés. Il s'est montré prudent sur les perspectives d'avenir: "C'était vraiment une année où tout a bien marché, on ne peut pas penser que ça va continuer comme ça tous les ans, on ne sait pas dans quelle mesure la croissance de nos produits va se poursuivre".
   Il s'est félicité de la maîtrise des charges: si les frais de personnel ont augmenté de 2,5%, les frais de mission ont diminué de 8,1%, et les frais de télécommunication de 7,8%.

                   Avancement des négociations du COM
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   La représentante de la DDM (Direction du Développement des Médias) a parlé d'une "gestion très maîtrisée". "Il faut construire le futur COM dans ce contexte apaisé mais on ne peut pas dire que tout va bien, il faut prendre en compte les paramètres de fragilité", a-t-elle dit.
   Le Pdg a rappelé que l'Agence demande -- dans le cadre du COM en négociation pour 2008-1012-- notamment une dotation exceptionnelle pour financer le renouvellement de notre outil informatique.
   Le COM, a précisé la représentante de la DDM, devrait être signé "à la fin du premier semestre 2008". Selon elle, "ce qui relève de la stratégie et des objectifs de l'Agence est prêt: il faut maintenant obtenir un arbitrage sur l'investissement pour le développement de l'informatique. Je ne peux pas imaginer que les pouvoirs publics ne l'accompagnent pas. Il faut donner à l'Agence les moyens de cette ambition de modernisation".

                           Réforme du Statut
                           -----------------
   Interrogé par la représentante du ministère des Affaires étrangères sur l'éventualité d'une réforme du Statut de 1957, le Pdg s'est montré très prudent: "Il faut réussir à concilier les impératifs de l'indépendance et les impératifs d'un financement pérenne", a-t-il répondu. "Cette réflexion pourra aboutir ou ne pas aboutir, si on constate que le Statut de 1957 est insurpassable, mais je pense qu'on peut aboutir", a-t-il dit.

                     Développements et partenariats
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   A une question sur les investissements de diversification (Newzwag, Citizenside), le Pdg a assuré que l'AFP menait des "expériences" et prenait des risques "mesurés", comparables à la gestion "d'un bon père de famille". "Nous investissons les intérêts de nos produits de cession des deux dernières années", a-t-il dit, soit les intérêts produits par la vente d'AFX et la vente partielle de Phileas.

   Dans son bilan rédactionnel, Denis Hiault a rappelé que l'agence Dow Jones avait rompu son contrat avec AP pour s'abonner aux services de l'AFP en anglais, français et allemand. "C'est un acteur majeur de l'information économique mondiale qui abandonne AP pour acheter nos services", s'est félicité le directeur de l'information.

  

 En préambule au Conseil, le Pdg avait fait état de l'avis rendu par la Halde, jugeant illicite l'exclusion des non-européens du collège électoral des personnels AFP pour l'élection des représentants du personnel au CA. "Nous étudions les conséquences de cet avis", a-t-il dit. La convocation de nouvelles élections n'est pas exclue.

 

   Les représentants du personnel
   Bernard Ducamp et Christophe Beaudufe

- Interview Louette au Monde : réaction CGT

Par SUD-AFP :: 20/03/2008 à 18:05 :: Général

Note-Syndicats
   Communiqué CGT

PARIS, 20/03/2008 - 1750 -


   ONTOLOGIE OU DEONTOLOGIE?
   CHRONIQUE D'UNE PRIVATISATION ANNONCEE.


   Le PDG de l'AFP Pierre Louette a, dans une interview au Monde parue jeudi, clairement indiqué son choix d'aller vers une privatisation de l'AFP en lançant l'idée d'ouvrir "le capital aux salariés et à une société dans laquelle seraient représentés des clients de l'agence".

   Cette déclaration constitue un véritable mépris pour les élus et le personnel car elle a été découverte avec stupéfaction à l'issue d'une séance du Comité d'entreprise où le PDG s'est bien gardé de faire état de ses projets sur le statut qu'il juge "dépassé" ajoutant que le texte de 57  "ne nous facilite pas la vie".

   Les élus du CE l'avaient interrogé pourtant sur l'état des négociations du Contrat d'objectifs et de moyens et les conséquences sur la masse salariale et le statut.
   M. Louette s'est borné comme d'habitude à dire au CE que les discussions étaient en cours pour renouveller le COM 2008-12, sans autres détails.

   La CGT a fait remarquer lors du CE que les résultats 2007 étaient négatifs pour l'emploi puisque l'effectif siège était en baisse de - 20 postes CDI (dont 3 postes de journalistes).

   Cette interview a été donnée au Monde à la veille du CE, instance  représentative du personnel, où le PDG s'est bien gardé d'en faire état montrant ainsi tout le mépris qu'il affiche pour l'avenir de l'agence et de ses personnels.

   Sur le fond, le PDG dans cette interview n'a pas dit un mot sur le contenu rédactionnel de l'AFP se limitant (en signe de gage pour le COM?) à s'attribuer à lui-même un satisfecit sur le bilan comptable de sa gouvernance.

   Dans une interview à BFM en décembre dernier, le PDG avait déclaré vouloir faire évoluer le statut.
   L'intersyndicale avait dénoncé "une possible privatisation de l'agence" et notait déjà que "le personnel, les organisations syndicales et le comité d'entreprise ont été tenus pour quantité négligeable".

   La CGT appelle les organisations syndicales toutes catégories à réagir et appelle le personnel à se mobiliser et à riposter contre ces menaces contre notre statut et l'indépendance rédactionnelle.

   Paris, le 20/3/08

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